Vivre avec les saints du Carmel

Dimanche de la Pentecôte(C) : Jean 14,15-26

Le temps pascal touche à sa fin. Il est en quelque sorte couronné par ce dimanche de la Pentecôte. Au jour de la Pentecôte, les disciples réunis en prière avec Marie attendaient la réalisation de la promesse de Jésus : "Je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la force d’en-haut" (Lc 24,49). Ce don promis, c’est celui de l’Esprit Saint, comme nous le dit le Seigneur dans l’Évangile de ce dimanche : "L’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom vous enseignera tout et vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit" (Jn 14,26). Pour nous, dans l’Église et dans le monde d’aujourd’hui, que cette Pentecôte ne soit pas seulement la mémoire de la grâce reçue par les disciples de Jérusalem il y a 2000 ans ! Ravivons en nous-mêmes le désir de la venue de l’Esprit Saint, car c’est à chacun de nous que le Seigneur l’a promis. Qu’il enflamme nos cœurs et les fasse brûler de charité ! Qu’il nous rappelle et nous fasse comprendre les paroles du Seigneur Jésus afin que nous puissions vivre pour son amour et pour l’amour de nos frères et sœurs ! Il est l’Amour du Père et du Fils : qu’il vienne faire en nous sa demeure chaque jour et pour toujours ! Appelons sa venue dans nos cœurs, appelons aussi sa venue sur l’Église et sur le monde, pour qu’il renouvelle toute chose selon le désir de Dieu !

Alors, si le temps pascal prend fin, ne croyons pas que le temps "ordinaire" qui va commencer soit une invitation à la routine et à la médiocrité ! Au contraire, considérons ce temps ordinaire comme le temps de l’Esprit Saint, où nous allons pouvoir, au jour le jour, dans le quotidien de nos vies, le laisser façonner nos cœurs dans le silence pour les rendre toujours plus conformes au désir de Dieu sur nous. Le jour de la Pentecôte, l’Esprit s’est manifesté dans un violent coup de vent et dans le feu (cf. Ac 2). Dans nos vies, il est peut-être plus discret et plus silencieux… Que cela ne nous empêche pas de reconnaître sa présence et de l’accueillir. Dans le silence de notre prière, dans notre méditation des Écritures, dans nos participations aux célébrations liturgiques, ouvrons nos cœurs à sa présence intérieure : il vient au secours de notre faiblesse et nous apprend à prier comme Dieu veut (cf. Rm 8, 26). Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

Édith Stein naquit en 1891 à Breslau (Silésie, aujourd’hui Pologne) au sein d’une famille juive. Dans sa jeunesse, elle perd la foi de son enfance et dira plus tard : « Ma seule prière était ma soif de vérité ». Elle effectue de brillantes études de philosophie qui l’amènent à collaborer avec Edmund Husserl, le père de la phénoménologie. Grâce au témoignage d’amis chrétiens et à la lecture de la Vie de Sainte Thérèse d’Avila, sa recherche de vérité s’illumine dans la découverte d’un Visage, celui du Christ Jésus. En 1922, elle reçoit le baptême. Après avoir pendant 11 ans encore mené une très riche activité d’enseignement et de recherches intellectuelles, elle entre en 1933 au Carmel de Cologne où elle reçoit le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix. Face à la montée du nazisme, elle décide, en 1938, de se réfugier au Carmel d’Echt (Pays-Bas). En 1942, elle est arrêtée par la Gestapo et déportée. Elle mourra au camp d’Auschwitz-Birkenau.
 
Des Poésies de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein)
 
Qui es-tu, douce lumière, qui me remplis
et illumines la ténèbre de mon cœur ?
Comme la main d'une mère, tu me conduis
et, si tu me lâchais,
je ne saurais faire un pas de plus.
Tu es l'espace enveloppant mon être
et l'abritant en toi.
Le rejetterais-tu,
il coulerait à pic dans l'abîme du néant
d'où tu le tiras pour l'élever vers la lumière.
Toi, qui m'es plus proche que je ne le suis moi-même,
qui m'es plus intérieur que mon propre coeur,
et pourtant insaisissable, inconcevable,
au delà de tout nom,
Saint-Esprit, éternel Amour !
 
Es-tu la plénitude d’Esprit et de puissance
qui permet à l’Agneau de rompre les scellés
du décret éternel de la divinité ?
Sur ton ordre les messagers du jugement
chevauchent de par le monde entier et séparent,
du tranchant de l’épée, le Royaume de lumière
de celui de la nuit.
Les cieux seront nouveaux et la terre nouvelle,
et tout retrouvera alors sa juste place
par ton souffle léger :
Saint-Esprit, puissance victorieuse !
 
Es-tu le Maître d’œuvre,
le bâtisseur de la cathédrale éternelle
qui depuis la terre s’élève jusqu’au Ciel ?
Tu donnes vie à ses colonnes, qui se dressent,
hautes et droites, solides et immuables.
Marquées du signe du Nom divin et éternel,
elles s’élancent vers la lumière et portent le dôme
qui achève et couronne la sainte cathédrale,
ton œuvre qui embrasse l’univers entier :
Saint-Esprit, Main de Dieu créatrice !
 
Es-tu Celui qui créa le miroir limpide
tout proche du trône du Seigneur, le Très-Haut,
semblable à une mer de cristal où se contemple
la divinité en un échange d’amour ?
Tu te penches sur l’œuvre la plus belle
de toute ta création
et ta propre splendeur éblouissante de lumière
te renvoie son reflet,
unissant la pure beauté de tous les êtres
en la figure pleine de grâce de la Vierge,
ton Épouse immaculée :
Saint-Esprit, Créateur de tout ce qui est ! Haut