Vivre avec les saints du Carmel

5 ème dimanche de carême (A) : Jn 11, 1-45

Fra Angelico - Le Christ en Croix

Le temps du Carême se poursuit et la liturgie de la Parole de ce dimanche nous fait entendre le récit de la résurrection de Lazare. L’évangéliste saint Jean nous montre Jésus maître de la vie et de la mort. Sa parole souveraine traverse le silence qui pèse sur le tombeau de Lazare : "Lazare, viens dehors !", et la vie est rendue à celui qui reposait là depuis déjà quatre jours. Avant même d’avoir souffert la Passion et d’avoir traversé sa propre mort, Jésus se montre comme celui qui est ultimement victorieux de toute destruction et de toute mort : "Moi, je suis la résurrection et la vie". Nous pouvons entendre aujourd’hui ces paroles de Jésus pour nous-mêmes. Bien sûr, nous ne gisons pas dans un tombeau, morts comme l’était Lazare. Mais dans notre vie, ne pouvons-nous pas assez facilement reconnaître des lieux d’enfermement, de blessures spirituelles ou de morts affectives ? Ce sont autant de lieux de repli sur nous-mêmes dans lesquels nous avons tellement besoin que se fasse entendre la parole de Jésus : "Viens dehors !" Ton péché et ta misère ne sont pas plus forts que moi, car je suis venu te sauver : viens dehors, là où la lumière de mon pardon dissipe les ténèbres de ton péché ! La souffrance que tu as subie n’est pas la fin ultime de ta vie, car je suis venu te guérir : viens dehors, là où la douceur de ma présence délivre de la rancœur et de la culpabilité morbide ! Oui, répondons à l’appel de Jésus, allons dehors à sa rencontre, dans la lumière de son amour. Nous découvrirons alors combien il se montre proche de nous, comme il se montra proche de ses amies Marthe et Marie qui étaient affligées par le décès de leur frère Lazare. Ayons la même confiance et la même foi qui donnait à Marthe de dire à Jésus : "Je sais que Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas… Tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde…" Comme il le fit pour elles, Jésus partage notre souffrance, il pleure avec nous, il fait pour nous les gestes de salut qui nous donnent la Vie, pour toujours. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 226 au Père Roulland)

Je sais qu'il faut être bien pur pour paraître devant le Dieu de toute Sainteté, mais je sais aussi que le Seigneur est infiniment Juste et c'est cette justice qui effraye tant d'âmes qui fait le sujet de ma joie et de ma confiance. Être juste, ce n'est pas seulement exercer la sévérité pour punir les coupables, c'est encore reconnaître les intentions droites et récompenser la vertu. J'espère autant de la justice du Bon Dieu que de sa miséricorde. C'est parce qu'il est juste qu' "Il est compatissant et rempli de douceur, lent à punir et abondant en miséricorde. Car il connaît notre fragilité, Il se souvient que nous ne sommes que poussière. Comme un Père a de la tendresse pour ses enfants ainsi le Seigneur a compassion de nous"…

Voilà ce que je pense de la justice du bon Dieu, ma voie est toute de confiance et d'amour, je ne comprends pas les âmes qui ont peur d'un si tendre Ami. Parfois lorsque je lis certains traités spirituels où la perfection est montrée à travers mille entraves, environnée d'une foule d'illusions, mon pauvre petit esprit se fatigue bien vite, je ferme le savant livre qui me casse la tête et me dessèche le coeur et je prends l'Écriture Sainte. Alors tout me semble lumineux, une seule parole découvre à mon âme des horizons infinis, la perfection me semble facile, je vois qu'il suffit de reconnaître son néant et de s'abandonner comme un enfant dans les bras du Bon Dieu. Laissant aux grandes âmes, aux grands esprits les beaux livres que je ne puis comprendre, encore moins mettre en pratique, je me réjouis d'être petite puisque les enfants seuls et ceux qui leur ressemblent seront admis au banquet céleste. Je suis bien heureuse qu'il y ait plusieurs demeures dans le royaume de Dieu, car s'il n'y avait que celle dont la description et le chemin me semblent incompréhensibles, je ne pourrais y entrer. Haut