Vivre avec les saints du Carmel

3 ème dimanche de carême (A) : Mt 4, 5-42

Fra Angelico - Christ

Au long de son ministère public, le Seigneur Jésus fait des rencontres qui sont riches d’enseignement pour nous, et qui nous rappellent que le Seigneur désire toujours venir à notre rencontre, quel que soit notre chemin, quelle que soit la difficulté que nous avons peut-être à marcher sur notre route. En ce dimanche, l’évangéliste saint Jean nous rapporte la si belle rencontre de Jésus avec la femme de Samarie. Cette femme vient au puits pour en tirer de l’eau, à l’heure de midi, l’heure la plus chaude de la journée : n’est-il pas presque absurde de venir puiser de l’eau à l’heure où cette tâche sera la plus difficile ? Ne vaudrait-il pas mieux venir au frais ? Mais la femme de Samarie était poussée par son désir de"quelque chose", et auprès du puits l’attendait Jésus, qui avait soif lui aussi… Dépassant les barrières culturelles et religieuses qui séparaient les Juifs et les Samaritains, il lui demande de puiser de l’eau pour lui, et face à son étonnement, il lui révèle que l’eau dont elle a soif, c’est lui qui la lui donnera, pourvu qu’elle la lui demande : "Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif". L’eau que Jésus promet et qu’il est le seul à pouvoir donner, c’est l’eau vive de l’Esprit Saint :"Celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle".

Sur notre route de Carême, interrogeons la soif, les soifs que nous portons : qu’attendons-nous ? que désirons-nous ? Non pas les besoins que nous avons pour notre quotidien (même s’ils sont légitimes : il ne faut pas les négliger), mais plutôt les désirs que nous portons dans le fond de notre cœur : les désirs de vie, les désirs de justice, les désirs de vérité… Tout ce qui en nous aspire à plus grand, à plus beau… Dans notre prière, demandons alors au Seigneur Jésus de réveiller en nous la soif véritable qui est désir de communion avec lui, demandons-lui de faire jaillir en nous la source de l’Esprit. Alors, comme la femme de Samarie, nous pourrons entendre du Seigneur Jésus l’appel à adorer le Père en esprit et vérité. Comme elle, nous pourrons courir vers nos frères et sœurs en humanité pour témoigner de la rencontre de Jésus que nous avons faite : "Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait…" Comme elle, nous pourrons aussi devenir les témoins silencieux du jaillissement de l’Esprit dans le cœur des autres quand ils s’écriront : "Nous avons entendu Jésus par nous-mêmes, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde." Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Le Ciel dans la foi de la Bienheureuse Élisabeth de la Trinité (CF 31-33 )
"Voyez, dit saint Jean, de quelle charité nous a gratifiés le Père en nous donnant d'être appelés enfants de Dieu, et de l'être en réalité... Dès maintenant nous sommes enfants de Dieu et on n'a pas encore vu ce que nous serons. Nous savons que lorsqu'Il se montrera nous serons semblables à Lui, parce que nous le verrons tel qu'Il est. Et quiconque a cette espérance en lui se sanctifie, comme Lui-même est saint."
Voilà la mesure de sainteté des enfants de Dieu : "être saint comme Dieu, être saint de la sainteté de Dieu"; et cela en vivant en contact avec Lui au fond de l'abîme sans fond, au-dedans. L'âme semble alors avoir une certaine ressemblance avec Dieu, qui tout en prenant ses délices en toutes choses, n'en trouve cependant jamais autant qu'en Lui-même, parce qu'Il possède en Lui un bien suréminent devant lequel disparaissent tous les autres. Aussi toutes les joies qui surviennent à l'âme lui sont-elles autant d'avertissements qui l'invitent à savourer de préférence le bien dont elle est en possession et auquel nul autre ne peut être comparé. "Notre Père qui êtes aux Cieux"... C'est dans ce petit ciel qu'Il s'est fait au centre de notre âme que nous devons le chercher et surtout que nous devons demeurer.
Le Christ disait un jour à la Samaritaine que "le Père cherchait de vrais adorateurs en esprit et en vérité". Pour donner joie à son Coeur, soyons ces grandes adorantes. Adorons-le en "esprit", c'est-à-dire ayons le coeur et la pensée fixés en Lui, l'esprit plein de sa connaissance par la lumière de foi. Adorons-le en "vérité", c'est-à-dire par nos oeuvres, car c'est par les actes surtout que nous sommes vraies ; c'est faire toujours ce qui plaît au Père dont nous sommes les enfants. Enfin "adorons en esprit et en vérité", c'est-à-dire par Jésus-Christ et avec Jésus-Christ, car Lui seul est le véritable Adorateur en esprit et en vérité. Haut