Vivre avec les saints du Carmel

4ème dimanche de l'Avent (C) : Mt 1,18-24

G. de La Tour

En ce quatrième dimanche de l’Avent, presque à la veille de la fête de Noël, la Parole de Dieu nous donne saint Joseph pour nous accompagner pendant ces dernières heures qui nous séparent encore de la célébration de la naissance du Sauveur. Les évangélistes n’ont pas jugé utile de nous transmettre la moindre parole de lui. C’est comme si l’essentiel de ce qu’il avait à nous dire, à nous transmettre, résidait dans sa manière d’être aux côtés de Marie et de Jésus. Recueillons alors précieusement ce que saint Luc nous rapporte de la visite de l’Ange à saint Joseph. Apprenant la nouvelle de la future maternité de Marie, Joseph décide de la répudier en secret, afin qu’elle en subisse pas la lapidation que des observateurs zélés de la Loi aurait pu lui infliger. En effet, vu de l’extérieur, elle pouvait passer pour une femme ayant conçu un enfant avant d’avoir vécu légitimement avec son mari : la Loi prescrivait alors la mise à mort.
Mais le Seigneur veut faire entrer Joseph plus avant dans le mystère de la venue du Fils de Dieu parmi les hommes, il désire lui confier une mission plus grande : celle d’accompagner la Mère de la Vie, celle de veiller sur son Fils, le Verbe fait chair : "Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse…" Recevant la visite de l’Ange pendant son sommeil, Joseph est enveloppé d’un grand silence, mais son silence n’est pas un mutisme : aussi déroutant que soit l’appel que le Seigneur lui donne, et sans doute sans comprendre tous les tenants et les aboutissants de ce qui lui arrive, il entre dans le projet de Dieu, avec courage et détermination : « Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse ». Il se tient alors, fidèle et discret, aux côtés de la Vierge Marie, l’assistant avec attention et affection sur le chemin de Bethléem. Demandons à saint Joseph de nous obtenir la grâce de nous réveiller de nos somnolences, celles dans lesquelles la routine du quotidien risque toujours de nous faire sombrer. Le jour est tout proche, comme le dit saint Paul (cf. Rm 13, 12) : que saint Joseph nous accompagne, comme il a accompagné la Vierge Marie, pour que nous aussi, nous sachions faire ce que le Seigneur nous dit et répondre avec fidélité et persévérance aux appels qu’il nous adresse. Alors nous pourrons accueillir dans la joie la naissance du Sauveur dans la nuit de Noël, naissance qu’il désire vivre aujourd’hui comme il y a deux mille ans, non plus dans la crèche de Bethléem, mais dans celle de notre cœur. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

Madame Louise de France (1737-1787) était la dernière fille du roi Louis XV. Elle entra au Carmel de Saint-Denis à l’âge de 33 ans, sous le nom de Thérèse de Saint-Augustin.
 
Des Méditations eucharistiques de Louise de France
Je considérerai dans saint Joseph un homme juste sur lequel la Providence s’est reposée, et un homme fidèle qui s’est reposé sur la Providence. La Providence s’est reposée sur saint Joseph en lui confiant le plus glorieux ministère. Quel trésor confié à ses soins ! Un Dieu même sous le voile de l’enfance ! Quelle vigilance aussi, quelle tendresse attentive à la conservation de l’inestimable dépôt dont il est chargé ! Que ne dois-je pas moi-même de circonspection pour défendre contre les ennemis du salut, Jésus, ses grâces et son amour, lorsque je l’ai recouvré dans le tribunal de la pénitence, ou que je le possède dans la communion ?
La Providence instruit saint Joseph des voies qui doivent disposer Marie à la maternité divine et des hautes vertus qui font déjà d’elle un objet de complaisance aux yeux de Dieu. Quel respect le chaste époux de la Sainte Vierge n’a-t-il pas pour les vues du ciel, et pour celle qui y servira de coopératrice ? C’est la loi que m’impose mon rang à l’égard de toute personne qui fait profession de piété. Plus j’y reconnais les bienfaits de Dieu, plus je dois y placer mon estime et ma protection.
La Providence annonce à saint Joseph, par la voix d’un Ange, ces grands mystères. Il les garde dans un profond secret, son silence dans ces conjectures fait l’éloge de sa sagesse. Je me repentirai rarement d’avoir parlé peu, et presque toujours d’avoir trop parlé. L’indiscrétion ou l’excès des paroles n’est point d’ordinaire un mal indifférent dans ceux qui sont élevés au-dessus du commun des hommes. Je m’attacherai à considérer l’abandon de saint Joseph à la Providence, et j’en découvrirai plus particulièrement les traits marqués, lorsqu’il reçut l’ordre de dérober l’Enfant-Jésus et sa Sainte Mère à la persécution d’Hérode. Dans cette circonstance, combien se présente-t-il d’instructions pour l’obéissance que je dois à la voix de Dieu ! La soumission de l’homme fidèle est prompte, généreuse et entière. Haut