Vivre avec les saints du Carmel

3ème dimanche de l'Avent (C) : Luc 3,10-18

La liturgie appelle ce troisième dimanche de l’Avent "dimanche de Gaudete", à cause des mots de la lettre aux Philippiens : "Réjouissez-vous (Gaudete, en latin) dans le Seigneur … le Seigneur est proche !" (Ph 4,4-5). Georges de La TourDéjà le prophète Sophonie faisait entendre cette invitation à la joie : "Pousse des cris de joie, fille de Sion … le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi !" (So 3,14.17). Oui, le Seigneur est notre joie, Lui que nous attendons, dont nous désirons la venue, et qui déjà est présent au milieu de nous ! Au milieu de ce temps de l’Avent, il nous est bon de nous tourner vers la Vierge Marie pour apprendre de son cœur à vivre dans cette joie du Seigneur. Qui mieux qu’elle, qui porte en son sein le Fils de Dieu, pourrait nous enseigner à attendre, avec la paisible impatience de l’amour, la venue du Sauveur ? Enveloppée de silence, dans quelle profondeur a-t-elle dû vivre ces neuf mois qui la conduisirent du jour de l’annonce à Nazareth à la nuit de la naissance à Bethléem… Avec Saint Joseph, témoin émerveillé et silencieux du mystère, aimons à nous tenir à côté d’elle sur la route de Bethléem… Mais ce n’est pas tout : à la femme qui s’exclamera un jour "Bienheureuse celle qui t’a porté", le Seigneur Jésus répondra : "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent !" (cf. Lc 11,27-28). Car si, bien évidemment, seule la Vierge Marie a porté en son sein l’Enfant-Dieu, en chacun de nous le Verbe désire naître et faire Sa demeure. C’est d’ailleurs cette attitude du cœur, faite d’humilité et de totale disponibilité à la volonté de Dieu, qui attira le Verbe en Marie : "Il s’est penché sur son humble servante" (Lc 1,48). Pendant ces jours qui nous séparent encore de Noël, demandons à Marie de nous enseigner cette ouverture du cœur qui permettra la venue du Seigneur en chacun de nous, au milieu de l’ordinaire de notre quotidien. C’est ainsi qu’il en fut pour elle : après l’Annonciation, Marie ne s’est pas repliée sur elle-même ! Au contraire, elle s’est empressée d’aller porter la joie du Seigneur à sa cousine Élisabeth, en se mettant à son service … sans cesser d’être attentive à Celui qui grandissait en elle ! Regardons donc Marie, comme Thérèse nous y invite dans l’un de ses plus beaux poèmes, pour apprendre à laisser jaillir en nous la joie de la venue du Seigneur Jésus. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus :" Pourquoi je t'aime ô Marie" (PN 54)
4. Oh ! je t’aime, Marie, te disant la servante
Du Dieu que tu ravis par ton humilité
Cette vertu cachée te rend toute-puissante
Elle attire en ton coeur la Sainte Trinité
Alors l’Esprit d’Amour te couvrant de son ombre
Le Fils égal au Père en toi s’est incarné …
De ses frères pécheurs bien grand sera le nombre
Puisqu'on doit l’appeler : Jésus, ton premier-né !
 
5. Ô Mère bien-aimée, malgré ma petitesse
Comme toi je possède en moi Le Tout-Puissant
Mais je ne tremble pas en voyant ma faiblesse :
Le trésor de la mère appartient à l’enfant
Et je suis ton enfant, ô ma Mère chérie
Tes vertus, ton amour, ne sont-ils pas à moi ?
Aussi lorsqu’en mon coeur descend la blanche Hostie
Jésus, ton Doux Agneau, croit reposer en toi !
 
6. Tu me le fais sentir, ce n’est pas impossible
De marcher sur tes pas, ô Reine des élus,
L'étroit chemin du Ciel, tu l’as rendu visible
En pratiquant toujours les plus humbles vertus.
Auprès de toi, Marie, j’aime à rester petite,
Des grandeurs d’ici-bas je vois la vanité,
Chez Sainte Élisabeth, recevant ta visite,
J’apprends à pratiquer l'ardente charité.
 
7. Là j’écoute ravie, Douce Reine des anges,
Le cantique sacré qui jaillit de ton cœur.
Tu m’apprends à chanter les divines louanges
À me glorifier en Jésus mon Sauveur.
Tes paroles d’amour sont de mystiques roses
Qui doivent embaumer les siècles à venir.
En toi le Tout-Puissant a fait de grandes choses
Je veux les méditer, afin de l’en bénir.
 
8. Quand le bon Saint Joseph ignore le miracle
Que tu voudrais cacher dans ton humilité
Tu le laisses pleurer tout près du Tabernacle
Qui voile du Sauveur la divine beauté !...
Oh ! que j’aime, Marie, ton éloquent silence
Pour moi c'est un concert doux et mélodieux
Qui me dit la grandeur et la toute-puissance
D’une âme qui n'attend son secours que des Cieux Haut