Vivre avec les saints du Carmel

3ème dimanche de l'Avent (B) : Jean 1, 6-8 ; 19-28

Alors que se poursuit notre chemin d’Avent, à la rencontre du Seigneur qui vient, l’évangile de ce dimanche nous fait rencontrer à nouveau la figure de Jean-Baptiste. La semaine dernière, saint Marc nous révélait que Jean est celui dont avait parlé le prophète Isaïe : il est appelé à préparer le chemin du Seigneur, en étant le précurseur du Messie de Dieu.... Aujourd’hui, saint Jean nous rapporte le témoignage du Baptiste face aux prêtres et aux lévites venus de Jérusalem pour l’interroger. Alors que ceux-ci le questionnaient sur sa propre personne, sur sa propre action, Jean renvoie à la personne de celui qui vient : "Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas". Les interrogateurs font fausse route : ils se focalisent sur le Baptiste, alors que la mission de celui-ci est précisément d’être le témoin d’un Autre, de révéler la venue de Jésus entre notre monde, de révéler sa présence parmi nous.

En ce dimanche, nous pouvons nous laisser interpeller nous aussi par les mots du Baptiste : "Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas". Ne sommes-nous pas parfois comme les prêtres et les lévites qui interrogeaient le Baptiste ? Ne concentrons-nous pas trop souvent nos forces, humaines et spirituelles, vers des choses secondaires ? En ce temps d’Avent, le témoignage du Précurseur nous rappelle à l’urgence et au sérieux de notre vie chrétienne. Le Seigneur Jésus vient ; mystérieusement, il est même déjà là. Il est si proche de nous, et nous ne le connaissons pas… Mettons à profit ce temps d’Avent, qui nous invite à une préparation spirituelle à la fête de Noël, mettons-le à profit pour faire le point sur notre vie chrétienne. Demandons à l’Esprit du Seigneur de nous y aider, et d’éclairer notre cœur pour savoir discerner la venue et la présence de Jésus dans nos vies, dans ceux qui nous entourent, dans notre monde. Il est là, comme ami fidèle dans nos joies. Il est là, comme présence de compassion et de soutien dans nos douleurs. Il est là, comme accompagnateur de nos espérances et de nos désirs. Il est là, comme Sauveur, à l’œuvre à travers tout et à travers tous. Ouvrons nos cœurs à sa présence : en nos vies il fera des merveilles, "pour la gloire de Dieu et le salut du monde". Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

Nicolas Herman naquit en 1614, en Lorraine. À l’âge de 26 ans, il entra au couvent des Carmes Déchaussés de la rue de Vaugirard, à Paris, et y reçut le nom de frère Laurent de la Résurrection. Dans son couvent, il assuma le service de cuisinier, puis de cordonnier. Après dix années de cheminement difficile dans le sentiment douloureux de ses péchés, un acte d’abandon déterminant va le libérer, et il va trouver son chemin spirituel, aussi riche que simple : tout vivre – travail et temps de prière, peines et joies – dans la "présence de Dieu". Il meurt le 12 février 1691, à 77 ans.
 
Des Maximes spirituelles du frère Laurent de la Résurrection

La présence de Dieu est une application de notre esprit à Dieu ou un souvenir de Dieu présent, qui se peut faire ou par l’imagination ou par l’entendement. La présence de Dieu est la vie et la nourriture de l’âme, qui se peut acquérir avec la grâce du Seigneur. En voici les moyens. Le premier moyen est une grande pureté de vie. Le second, une grande fidélité à la pratique de cette présence et au regard intérieur de Dieu en soi, qui se doit toujours faire doucement, humblement et amoureusement, sans se laisser aller à aucun trouble ou inquiétude.

Il faut prendre un soin particulier que ce regard intérieur, quoique d’un moment, précède vos actions extérieures, que de temps en temps il les accompagne, et que vous les finissiez toutes par là. Comme il faut du temps et beaucoup de travail pour acquérir cette pratique, aussi ne faut- il pas se décourager lorsqu’on y manque, puisque l’habitude ne se forme qu’avec peine ; mais lorsqu’elle sera formée, tout se fera avec plaisir. N’est-il pas juste que le cœur, qui est le premier vivant et qui domine sur les autres membres du corps, soit le premier et le dernier pour aimer et adorer Dieu, soit en commençant ou finissant nos actions spirituelles et corporelles, et généralement en tous les exercices de la vie ? Et c’est par cet endroit que nous devons avoir soin de produire ce petit regard intérieur, ce qu’il faut faire, comme j’ai dit, sans peine et sans étude, pour le rendre plus facile.

Il ne sera pas hors de propos, pour ceux qui commencent cette pratique, de former intérieurement quelque peu de paroles, comme : "Mon Dieu, je suis tout à vous" ; "Dieu d’amour, je vous aime de tout mon cœur" ; "Seigneur, faites-moi selon votre cœur", ou quelques autres paroles que l’amour produit sur-le-champ. Mais ils doivent prendre garde que leur esprit ne s’égare, qu’il ne retourne à la créature, et ils doivent le tenir attaché à Dieu seul afin que, se voyant ainsi pressé et forcé par la volonté, il soit obligé de demeurer avec Dieu.

Cette présence de Dieu, un peu pénible dans les commencements, pratiquée avec fidélité, opère secrètement en l’âme des effets merveilleux, y attire en abondance les grâces du Seigneur et la conduit insensiblement à ce simple regard, à cette vue amoureuse de Dieu présent partout, qui est la plus sainte, la plus solide, la plus facile et la plus efficace manière d’oraison. Haut