Vivre avec les saints du Carmel

2ème dimanche de l'Avent (C) : Mt 3, 1-12

G. de La Tour

Notre chemin d’Avent se poursuit et nous rencontrons ce dimanche la figure de Jean-Baptiste, le précurseur du Christ. Il est le dernier des prophètes, celui qui a eu la joie immense de voir la réalisation des promesses de Dieu en la personne de Jésus. Vigoureuse parole que celle du Baptiste, qui nous appelle à la conversion, afin que nous soyons prêts à accueillir le Seigneur quand il viendra ! Entendons-nous son interpellation ? Comprenons-nous qu’elle s’adresse à nous, aujourd’hui ? Ce à quoi Jean-Baptiste nous appelle, c’est à sortir de la torpeur dans laquelle nous nous endormons parfois, pris par les soucis du quotidien et par la routine de nos vies. C’est comme s’il nous disait : « Réveillez-vous ! Sortez de votre sommeil ! Le Seigneur vient à votre rencontre : ne passez pas à côté ! » Cette prise de conscience doit être suivie d’engagements concrets, responsables. Jean-Baptiste s’exclame : "N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’", autrement dit, pour nous, aujourd’hui : ne croyez pas qu’il suffise d’avoir un vernis de vie chrétienne pour vivre dans la communion du Seigneur, ne vous moquez pas de sa miséricorde, mais prenez au sérieux ses appels. En définitive, c’est à une relation vivante avec Lui que le Seigneur nous appelle, c’est pour cela qu’Il est venu à nous en la personne de son Fils, comme nous le fêterons au jour de Noël. Alors, profitons de ce chemin d’Avent pour revivifier notre relation au Seigneur, par une foi renouvelée dans la célébration des sacrements, par la méditation de sa Parole, par l’engagement auprès de nos frères et sœurs en difficulté, à commencer par ceux qui sont les plus proches de nous et que nous croisons peut-être sans les remarquer. C’est ainsi qu’à notre tour nous préparerons « le chemin du Seigneur », en notre propre vie et dans celle de ceux que le Seigneur a mis sur notre route. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Manuscrits autobiographiques de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Ms B 4v°-5v°)
Comment une âme aussi imparfaite que la mienne peut-elle aspirer à posséder la plénitude de l'Amour ?... O Jésus ! mon premier, mon seul Ami, toi que j'aime UNIQUEMENT, dis-moi quel est ce mystère ?... Pourquoi ne réserves-tu pas ces immenses aspirations aux grandes âmes, aux Aigles qui planent dans les hauteurs ?... Moi je me considère comme un faible petit oiseau couvert seulement d'un léger duvet, je ne suis pas un aigle j'en ai simplement les yeux et le coeur car malgré ma petitesse extrême j'ose fixer le Soleil Divin, le Soleil de l'Amour et mon coeur sent en lui toutes les aspirations de l'Aigle... Le petit oiseau voudrait voler vers ce brillant Soleil qui charme ses yeux, il voudrait imiter les Aigles ses frères qu'il voit s'élever jusqu'au foyer Divin de la Trinité Sainte...
O Verbe Divin, c'est toi l'Aigle adoré que j'aime et qui m'attire, c'est toi qui t'élançant vers la terre d'exil as voulu souffrir et mourir afin d'attirer les âmes jusqu'au sein de l'Éternel Foyer de la Trinité Bienheureuse, c'est toi qui remontant vers l'inaccessible Lumière qui sera désormais ton séjour, c'est toi qui restes encore dans la vallée des larmes, caché sous l'apparence d'une blanche hostie... Aigle Éternel, tu veux me nourrir de ta divine substance, moi, pauvre petit être, qui rentrerais dans le néant si ton divin regard ne me donnait la vie à chaque instant... O Jésus ! laisse-moi dans l'excès de ma reconnaissance, laisse-moi te dire que ton amour va jusqu'à la folie... Comment veux-tu devant cette Folie, que mon coeur ne s'élance pas vers toi ? Comment ma confiance aurait-elle des bornes... Ah ! pour toi, je le sais, les Saints ont fait aussi des folies, ils ont fait de grandes choses puisqu'ils étaient des aigles...
Jésus, je suis trop petite pour faire de grandes choses... et ma folie à moi, c'est d'espérer que ton Amour m'accepte comme victime... O Jésus ! que ne puis-je dire à toutes les petites âmes combien ta condescendance est ineffable... je sens que si par impossible tu trouvais une âme plus faible, plus petite que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore, si elle s'abandonnait avec une entière confiance à ta miséricorde infinie. Mais pourquoi désirer communiquer tes secrets d'amour, ô Jésus, n'est-ce pas toi seul qui me les as enseignés et ne peux-tu pas les révéler à d'autres ?... Oui je le sais, et je te conjure de le faire, je te supplie d'abaisser ton regard divin sur un grand nombre de petites âmes... Je te supplie de choisir une légion de petites victimes dignes de ton AMOUR !... Haut