Vivre avec les saints du Carmel

1er dimanche de l'Avent (C) : Mt 24, 37-44

G. de La Tour

Une nouvelle année liturgique commence avec ce premier dimanche de l’Avent : avons-nous conscience d’un changement, d’une nouveauté ? Peut-être pas, tant nous sommes pris par nos activités quotidiennes, par la routine aussi quelquefois… Et c’est pourtant justement à la vigilance et à l’attention que le Seigneur nous appelle. Nous sommes un peu comme les hommes et les femmes du temps de Noé : "Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge…" Mais cependant, ce n’est pas à la venue d’un cataclysme terrorisant que le Seigneur Jésus veut nous préparer, c’est à sa venue à Lui : "Tenez-vous prêts… c’est à l’heure où vous n’y penserez pas, que le Fils de l’homme viendra". Quand on sait que quelqu’un que l’on aime va venir nous rendre visite, ne se prépare-t-on pas de son mieux pour l’accueillir dans la joie ? Préparation au temps de Noël, l’Avent nous invite à tourner nos regards, à tendre nos cœurs, vers la venue du Seigneur. Il est venu dans la nuit de Bethléem, il y a 2000 ans, et il ne cesse de venir dans la nuit de nos vies, aujourd’hui, et chaque jour. C’est souvent dans la discrétion qu’il vient nous rendre visite. Prions donc l’Esprit Saint pour qu’il affine nos sens spirituels et nous apprenne à reconnaître les passages du Seigneur dans nos vies.

Mais comment se préparer à cette venue ? Notre Saint Père, le pape Benoît XVI, vient de promulguer sa seconde encyclique, "Spe salvi", qui est consacrée à l’espérance chrétienne. La lecture, la méditation de cette encyclique, peut être pour nous un bon accompagnement de ce temps de l’Avent, pour nous aider à nous tourner en vérité vers celui de qui nous attendons le salut, Jésus Christ. La vertu de l’espérance est justement la vertu de l’attente confiante, qui, à travers les événements de nos vies – heureux et malheureux – nous fait désirer le salut qui vient du Seigneur et croire en sa promesse : "Le Fils de l’homme viendra". Grandir en espérance, voilà la grâce que nous pouvons demander au Seigneur pour vivre saintement cet Avent… et toute notre vie. En effet, c’est notre vie toute entière qui doit être un Avent, nous préparant au Jour où nous verrons le Seigneur face à face et où nous serons avec Lui pour toujours ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 197 à sa sœur Marie)

Mes désirs du martyre ne sont rien, ce ne sont pas eux qui me donnent la confiance illimitée que je sens en mon coeur. Ce sont, à vrai dire, les richesses spirituelles qui rendent injuste, lorsqu'on s'y repose avec complaisance et que l'on croit qu'ils sont quelque chose de grand... Ces désirs sont une consolation, que Jésus accorde parfois aux âmes faibles comme la mienne (et ces âmes sont nombreuses) mais lorsqu'il ne donne pas cette consolation c'est une grâce de privilège, rappelez-vous ces paroles : "Les martyrs ont souffert avec joie et le Roi des Martyrs a souffert avec tristesse." Oui Jésus a dit : "Mon Père, éloignez de moi ce calice." Soeur chérie, comment pouvez-vous dire après cela que mes désirs sont la marque de mon amour ?... Ah ! je sens bien que ce n'est pas cela du tout qui plaît au Bon Dieu dans ma petite âme, ce qui lui plaît c'est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c'est l'espérance aveugle que j'ai en sa miséricorde... Voilà mon seul trésor. Marraine chérie, pourquoi ce trésor ne serait-il pas le vôtre ?...

O ma soeur chérie, je vous en prie, comprenez votre petite fille, comprenez que pour aimer Jésus, être sa victime d'amour, plus on est faible, sans désirs, ni vertus, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant... Le seul désir d'être victime suffit, mais il faut consentir à rester pauvre et sans force et voilà le difficile car "Le véritable pauvre d'esprit, où le trouver ? il faut le chercher bien loin" a dit le psalmiste... Il ne dit pas qu'il faut le chercher parmi les grandes âmes, mais "bien loin", c'est-à-dire dans la bassesse, dans le néant... Ah ! restons donc bien loin de tout ce qui brille, aimons notre petitesse, aimons à ne rien sentir, alors nous serons pauvres d'esprit et Jésus viendra nous chercher, si loin que nous soyons il nous transformera en flammes d'amour... Oh ! que je voudrais pouvoir vous faire comprendre ce que je sens !... C'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'Amour... La crainte ne conduit-elle pas à la Justice, à la justice sévère telle qu'on la représente aux pécheurs mais pas de cette Justice que Jésus aura pour ceux qui l'aiment ?... Puisque nous voyons la voie, courons ensemble. Oui, je le sens, Jésus veut nous faire les mêmes grâces, il veut nous donner gratuitement son Ciel.

O ma petite soeur chérie, si vous ne me comprenez pas c'est que vous êtes une trop grande âme... ou plutôt c'est que je m'explique mal, car je suis sûre que le Bon Dieu ne vous donnerait pas le désir d'être POSSÉDÉE de Lui, de son Amour Miséricordieux s'il ne vous réservait cette faveur... ou plutôt il vous l'a déjà faite, puisque vous vous êtes livrée à Lui, puisque vous désirez être consumée par Lui et que jamais le Bon Dieu ne donne de désirs qu'il ne puisse réaliser… Haut