Vivre avec les saints du Carmel

Le Sacrement du Corps et du Sang du Christ (A) : Jean 6,51-58

Dieric Bouts - Le dernier repas

Il y a huit jours, nous célébrions la solennité de la Sainte Trinité, en désirant nous plonger au cœur de la vie divine, de l’échange éternel d’amour entre le Père, le Fils et le Saint Esprit. Aujourd’hui, avec la fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, nous tournons nos yeux vers le sacrement que le Seigneur nous a donné et qui est le mémorial de sa Passion et de sa Résurrection, notre pain pour la route, sur le chemin de notre vie. Autant dire que nous sommes là encore au cœur de notre vie chrétienne : alors, mettons ce jour de fête à profit pour renouveler notre foi en ce sacrement que nous célébrons chaque dimanche – et peut-être chaque jour –, afin de renouveler notre regard et de discerner d’une façon neuve la présence de Dieu dans notre monde, car c’est bien de cette présence que l’eucharistie est le sacrement !
En ce dimanche, dans l’évangile selon saint Jean, le Seigneur Jésus nous dit : "Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui. De même que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi". Ce qui est donc au cœur de l’eucharistie, du don que le Seigneur Jésus a fait de son Corps et de son Sang, don qu’il ne cesse de nous faire, c’est un mystère de vie. Par l’eucharistie, Jésus nous donne de nous nourrir de sa propre vie, qui est la vie qu’il reçoit du Père de toute éternité, et qui s’est manifestée de façon particulière et définitive au matin de Pâques. Alors, dans nos vies, l’eucharistie est déjà le signe que la vie est plus forte, et que le Seigneur Jésus nous entraîne vers ce jour où nous serons accueillis dans la communion de vie de la Trinité. Par l’eucharistie, la vie de Dieu est offerte entre nos mains comme un simple morceau de pain : le Corps de gloire du Ressuscité est caché sous l’apparence du pain. Alors à notre tour, remettons nos vies entre ses mains, dans la confiance qu’il accomplit en nous bien plus que nous ne pouvons soupçonner ou imaginer.

À l’occasion de cette fête, nous pouvons méditer un poème de notre amie sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Il s’agit d’un poème riche en symboles et intitulé "Mes Désirs auprès de Jésus caché dans sa Prison d’Amour". Thérèse s’y montre bien fille de son époque en s’émerveillant devant la proximité que chaque objet lié à la célébration de l’eucharistie a avec la Présence du Corps et du Sang de Jésus. Mais elle n’en reste pas à la matérialité du corporal, de la patène ou du calice : elle nous rappelle surtout que ce que le Seigneur désire de chacun de ceux qui reçoivent le sacrement de l’eucharistie, c’est qu’ils deviennent, dans toute leur existence, des sacrements de sa Présence, c’est-à-dire des personnes transfigurées par sa présence, et qui sauront en transmettre la lumière à tous ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Poésies de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : PN 25
Je voudrais dans le sanctuaire
Me consumant près de mon Dieu
Toujours briller avec mystère
Comme la Lampe du Saint Lieu....
Oh ! bonheur... en moi j’ai des flammes
Et je puis gagner chaque jour
À Jésus un grand nombre d’âmes
Les embrasant de son amour...
 
Ô Corporal entouré d’anges !
Qu’il est enviable ton sort
Sur toi comme en ses humbles langes
Je vois Jésus mon seul trésor
Change mon coeur, Vierge Marie
En un Corporal pur et beau
Pour recevoir la blanche hostie,
Où se cache ton Doux Agneau.
 
Sainte Patène, je t’envie
Sur toi Jésus vient reposer
Oh ! que sa grandeur infinie
Jusqu’à moi daigne s’abaisser…
Jésus comblant mon espérance
De ma vie n’attend pas le soir
Il vient en moi; par sa présence
Je suis un vivant Ostensoir !…
 
Oh ! que j’envie l’heureux Calice
Où j’adore le Sang divin…
Mais je puis au Saint Sacrifice
Le recueillir chaque matin.
Mon âme à Jésus est plus chère
Que les précieux Vases d’or
L’Autel est un nouveau Calvaire
Où pour moi son Sang coule encor...
 
Ah ! quelle joie, je suis choisie
Parmi les grains de pur Froment
Qui pour Jésus perdent la vie…
Bien grand est mon ravissement !…
Je suis ton épouse chérie,
Mon Bien-Aimé, viens vivre en moi
Oh ! viens, ta beauté m’a ravie
Daigne me transformer en Toi !… Haut