Vivre avec les saints du Carmel

5ème dimanche de Pâques (B) : Jean 15,1-8

Aujourd’hui se poursuit la traversée de l’évangile de Jean que la liturgie de la Parole ...nous fait vivre tout au long des dimanches du temps pascal. Nous entendons le Seigneur Jésus nous dire, dans le grand discours qu’il adressa à ses amis avant d’être séparé d’eux : "Moi, je suis la vraie vigne". C’est l’une de ces grandes affirmations en "Je suis…" que renferme le quatrième évangile, et qui nous révèlent quelque chose de l’identité profonde de Jésus. L’image de la vigne manifeste combien Jésus est à la fois profondément tourné vers le Père et tourné vers nous.

En effet, en nous disant qu’il est la vraie vigne, Jésus nous apprend aussi que nous sommes les sarments de cette vigne. À partir de cette image si riche, nous pouvons comprendre tout d’abord la radicale dépendance dans laquelle nous nous trouvons par rapport au Seigneur. Même pour nos esprits si habitués à la vie citadine, il est évident qu’un sarment coupé de la vigne ne peut que mourir, puisqu’il cesse de recevoir la sève de vie. Dans notre vie spirituelle, cette sève qui coule dans nos cœurs depuis le Cœur de Jésus, n’est-ce pas l’Esprit de vie ? Nous voici alors déjà insensiblement orientés vers la Pentecôte, qui clôturera et couronnera le temps pascal : laissons donc grandir en nous le désir de la venue de l’Esprit dans nos vies, pour qu’il rende fécondes toutes nos actions et nous garde toujours greffés sur la vraie vigne qu’est le Seigneur Jésus.

Car cette image de la vigne nous fait aussi entendre un appel : l’appel à "demeurer" en Jésus. Ce verbe indique de quoi doit être faite notre relation au Seigneur : confiance en lui, remise entre ses mains, abandon à ce qu’il voudra faire de nous pour son Église et pour le monde… Demeurer, cela signifie à la fois "rester" et "habiter" : demeurer en Jésus, n’est-ce alors pas nous confier en lui, faisant de sa présence comme l’espace dans lequel nous vivons ? Ainsi nous obtiendrons, selon ce que nous promet le Seigneur Jésus, tout ce que nous demanderons au Père. Si l’Eprit Saint, qui est la Vie de Dieu, l’Amour qui unit le Père et le Fils, coule en nous comme la sève coule de la vigne vers les sarments, alors nous serons pleinement en communion avec le Père et le Fils, et nous n’aurons d’autre désir que l’accomplissement de la volonté de l’Amour de Dieu, dans l’Église et dans le monde. Dans notre prière, demandons au Seigneur de nous éclairer et de nous révéler comment, là où nous sommes, nous pouvons œuvrer pour la réalisation de ce projet de son Amour, qui n’est autre que le salut du monde. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Poésies de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (PN 5 : Mon Chant d’Aujourd’hui)
Daigne m’unir à toi, Vigne Sainte et sacrée
Et mon faible rameau te donnera son fruit
Et je pourrai t’offrir une grappe dorée
Seigneur, dès aujourd’hui.
 
Cette grappe d’amour, dont les grains sont des âmes
Je n’ai pour la former que ce jour qui s’enfuit
Ah ! donne-moi, Jésus, d’un Apôtre les flammes
Rien que pour aujourd’hui.
 
O Vierge Immaculée ! C’est toi ma Douce Étoile
Qui me donnes Jésus et qui m’unis à Lui.
O Mère ! laisse-moi reposer sous ton voile
Rien que pour aujourd’hui.
 
Mon Saint Ange gardien, couvre-moi de ton aile
Éclaire de tes feux la route que je suis
Viens diriger mes pas... aide-moi, je t’appelle
Rien que pour aujourd’hui.
 
Seigneur, je veux te voir, sans voile, sans nuage,
Mais encore exilée, loin de toi, je languis
Qu’il ne me soit caché, ton aimable visage
Rien que pour aujourd’hui.
 
Je volerai bientôt, pour dire tes louanges
Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui
Alors je chanterai sur la lyre des Anges
L’Éternel Aujourd’hui ! Haut