Vivre avec les saints du Carmel

5ème dimanche de Pâques (A) : Jean 14,1-12

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La liturgie de la fin du temps pascal nous fait entendre les paroles que Jésus a adressées à ses disciples après le dernier repas qu’il a pris avec eux : elles constituent le "Discours après la Cène". Dans les derniers mots qu’il a prononcés avant d’entrer dans sa Passion, Jésus parle de son départ et de son prompt retour : il s’agit des "retrouvailles" qu’il donnera à ses amis de vivre avec lui après sa Résurrection d’entre les morts. Et pour nous, qui célébrons la liturgie du temps pascal et qui vivons dans le temps de l’Église, ces mots de Jésus parlent aussi de sa venue : venue à la fin des temps, quand à la fin de nos vies et à la fin de l’histoire, Dieu sera "tout en tous". Venue de Jésus aussi, dans le quotidien de nos vies : aujourd’hui, maintenant ! Sommes-nous attentifs à cette venue de Jésus ? En avons-nous le désir ? Sommes-nous prêts à l’accueillir ? Jésus vient à nous, et il nous entraîne, à sa suite, à la rencontre du Père : "Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père" ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 226 au Père Roulland)
 

Je sais qu'il faut être bien pur pour paraître devant le Dieu de toute Sainteté, mais je sais aussi que le Seigneur est infiniment Juste et c'est cette justice qui effraye tant d'âmes qui fait le sujet de ma joie et de ma confiance. Être juste, ce n'est pas seulement exercer la sévérité pour punir les coupables, c'est encore reconnaître les intentions droites et récompenser la vertu. J'espère autant de la justice du Bon Dieu que de sa miséricorde. C'est parce qu'il est juste qu'il est compatissant et rempli de douceur, lent à punir et abondant en miséricorde. Car il connaît notre fragilité, Il se souvient que nous ne sommes que poussière. Comme un Père a de la tendresse pour ses enfants ainsi le Seigneur a compassion de nous…

Voilà mon Frère, ce que je pense de la justice du bon Dieu ma voie est toute de confiance et d'amour, je ne comprends pas les âmes qui ont peur d'un si tendre Ami. Parfois lorsque je lis certains traités spirituels où la perfection est montrée à travers mille entraves, environnée d'une foule d'illusions, mon pauvre petit esprit se fatigue bien vite, je ferme le savant livre qui me casse la tête et me dessèche le cœur et je prends l'Écriture Sainte. Alors tout me semble lumineux une seule parole découvre à mon âme des horizons infinis, la perfection me semble facile, je vois qu'il suffit de reconnaître son néant et de s'abandonner comme un enfant dans les bras du Bon Dieu. Laissant aux grandes âmes, aux grands esprits les beaux livres que je ne puis comprendre, encore moins mettre en pratique, je me réjouis d'être petite puisque les enfants seuls et ceux qui leur ressemblent seront admis au banquet céleste. Je suis bien heureuse qu'il y ait plusieurs demeures dans le royaume de Dieu, car s'il n'y avait que celle dont la description et le chemin me semblent incompréhensibles, je ne pourrais y entrer.

En attendant cette bienheureuse éternité, qui dans peu de temps s'ouvrira pour nous, puisque la vie n'est qu'un jour, travaillons ensemble au salut des âmes ; moi je puis faire bien peu de chose, ou plutôt absolument rien si j'étais seule, ce qui me console c'est de penser qu'à vos cotés je puis servir à quelque chose ; en effet le zéro par lui-même n'a pas de valeur, mais placé prés de l'unité il devient puissant, pourvu toutefois qu'il se mette du bon côté, après et non pas avant !... C'est bien là que Jésus m'a placée et j'espère y rester toujours, en vous suivant de loin, par la prière et le sacrifice. Haut