Vivre avec les saints du Carmel

3ème dimanche de Carême (C) : Luc 13,1-9

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Nous avançons sur notre chemin de Carême, et de dimanche en dimanche, l’Évangile nous apprend quelque chose de l’Amour qui est au Cœur de Dieu. Écoutons, méditons, accueillons la Parole du Seigneur pour nous laisser transformer de l’intérieur et pour vivre la conversion du cœur qu’il désire pour nous, conversion qui n’est autre que vivre en vérité comme un enfant de Dieu, à l’image de Jésus, le Fils unique du Père. Et il n’est jamais trop tard pour commencer à se tourner vers le Seigneur ! Voilà le message d’espérance et l’invitation à la confiance que le Seigneur Jésus nous donne aujourd’hui par la parabole du figuier stérile.

Déjà trois ans que cet homme a planté un figuier dans sa vigne, et l’arbre n’a toujours pas porté de fruit ! N’importe quel cultivateur l’aurait arraché pour le remplacer par un autre qui porterait du fruit, mais le Seigneur n’est pas un jardinier comme les autres, il est « lent à la colère et plein d’amour, il pardonne toutes nos offenses, et nous guérit de toute maladie » (Ps 102). Quels fruits désire-t-il trouver en nous, sinon ceux de l’amour de Dieu et de l’amour de nos frères ? Eh bien, il ne se résout pas à nos manques d’amour, à nos replis sur nous-mêmes, à nos refus d’aimer et à nos comportements égoïstes. Il prononce sur chacun de nous les mots du vigneron de la parabole : "Laissons-le encore cette année… Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir…"

Rendons grâces pour la patience du Seigneur, et mettons à profit ce temps du Carême qu’il nous donne pour revenir à lui de tout notre cœur. Il ne se décourage pas face à nos misères et à nos péchés : ne nous décourageons pas non plus, et laissons-nous sans cesse relever par lui ! Dans notre prière, dans notre méditation de l’Évangile, regardons Jésus pour apprendre de lui l’amour qu’il désire voir en nos cœurs. Alors, dans les actes de toute notre vie pourra rejaillir cet amour que nous puisons dans le Cœur même de Dieu. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 197 à sa sœur Marie)
 

Mes désirs du martyre ne sont rien, ce ne sont pas eux qui me donnent la confiance illimitée que je sens en mon coeur. Ce sont, à vrai dire, les richesses spirituelles qui rendent injuste, lorsqu'on s'y repose avec complaisance et que l'on croit qu'ils sont quelque chose de grand... Ah ! je sens bien que ce n'est pas cela du tout qui plaît au Bon Dieu dans ma petite âme, ce qui lui plaît c'est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c'est l'espérance aveugle que j'ai en sa miséricorde... Voilà mon seul trésor. Pourquoi ce trésor ne serait-il pas le vôtre ?... N'êtes-vous pas prête à souffrir tout ce que le Bon Dieu voudra ? Je sais bien que oui, alors, si vous désirez sentir de la joie, avoir de l'attrait pour la souffrance, c'est votre consolation que vous cherchez, puisque lorsqu'on aime une chose, la peine disparaît.

O ma soeur chérie, je vous en prie, comprenez votre petite fille, comprenez que pour aimer Jésus, être sa victime d'amour, plus on est faible, sans désirs, ni vertus, plus on est propre aux opérations de cet Amour consumant et transformant... Le seul désir d'être victime suffit, mais il faut consentir à rester pauvre et sans force et voilà le difficile car "Le véritable pauvre d'esprit, où le trouver ? il faut le chercher bien loin" a dit le psalmiste... Il ne dit pas qu'il faut le chercher parmi les grandes âmes, mais "bien loin", c'est-à-dire dans la bassesse, dans le néant... Ah ! restons donc bien loin de tout ce qui brille, aimons notre petitesse, aimons à ne rien sentir, alors nous serons pauvres d'esprit et Jésus viendra nous chercher, si loin que nous soyons il nous transformera en flammes d'amour... Oh ! que je voudrais pouvoir vous faire comprendre ce que je sens !... C'est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'Amour... Haut