Vivre avec les saints du Carmel

33ème dimanche du Temps Ordinaire (B) Mc 13,24-32

Al’approche de la fin de l’année liturgique, l’Evangile tourne nos regards vers la fin des temps, vers le jour où le Seigneur Jésus viendra dans sa gloire "avec grande puissance". Une tension parcourt le discours du Seigneur que nous entendons ce dimanche : d’un côté, l’aspect dramatique des phénomènes cataclysmiques qui entoureront son retour ; de l’autre, l’ignorance du jour : seul le Père connaît "le jour et l’heure" de la fin. Nul autre, pas même le Fils, n’en a connaissance.

Ce n’est évidemment pas pour nous faire céder à la panique que le Seigneur, dans un style apocalyptique qui est aussi employé à d’autres endroits dans l’Ecriture, évoque des descriptions extraordinaires d’obscurcissement du soleil et de chutes d’étoiles. Par ailleurs, ce n’est pas non plus pour nous inviter à vivre dans l’insouciance qu’Il nous dit que nul ne connaît le jour ni l’heure de sa venue. En fait, la tension de ces paroles qui peuvent nous dérouter est comme résolue par cette affirmation, qui nous invite à la foi paisible et à la confiance : "le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas". Il n’y a pas à attendre la fin des temps pour réaliser que le ciel et la terre passeront. Comme nous l’enseigne Saint Paul, "elle passe, la figure de ce monde" (1Co 7,31), elle est déjà en train de passer. Et dans le temps que nous avons à vivre, que nous devons vivre pleinement, engagés sérieusement dans les situations humaines qui sont les nôtres, le Seigneur nous appelle à demeurer tournés, dans l’espérance, vers Lui qui seul ne passe pas. Du mystère qui ne sera pleinement réalisé qu’à la fin des temps, nous vivons déjà quelque chose dans notre existence quotidienne, car "le Royaume de Dieu est au-dedans de nous" (Lc 17,21).

L’Evangile de ce dimanche est une bonne occasion de nous interroger : que signifie pour moi ce jour final dont parle le Seigneur ? Il me parle de son retour, mais est-ce que j’ai le désir de son retour, de voir venir ce jour où "Dieu sera tout en tous" (1Co 15,28) ? Et dès aujourd’hui, dans l’attente du retour glorieux du Seigneur, est-ce que je reconnais sa présence, sa venue, dans les événements et les rencontres de mon quotidien ? Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, poésie PN 5 : "Mon chant d’aujourd’hui"
1. Ma vie n'est qu'un instant une heure passagère
Ma vie n'est qu'un seul jour qui m'échappe et qui fuit
Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t'aimer sur la terre
Je n'ai rien qu'aujourd'hui !...
 
2. Oh ! je t'aime Jésus ! vers toi mon âme aspire
Pour un jour seulement reste mon doux appui.
Viens régner dans mon coeur donne-moi ton sourire
Rien que pour aujourd'hui !
 
3. Que m'importe, Seigneur, si l'avenir est sombre ?
Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !
Conserve mon coeur pur, couvre-moi de ton ombre
Rien que pour aujourd'hui.
 
4. Si je songe à demain, je crains mon inconstance
Je sens naître en mon coeur la tristesse et l'ennui.
Mais je veux bien, mon Dieu, I'épreuve, la souffrance
Rien que pour aujourd'hui.
 
5. Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle
O Pilote Divin ! dont la main me conduit.
Sur les flots orageux guide en paix ma nacelle
Rien que pour aujourd'hui.
 
13. Seigneur, je veux te voir, sans voile, sans nuage,
Mais encore exilée, loin de toi, je languis
Qu'il ne me soit caché, ton aimable visage
Rien que pour aujourd'hui.
 
14. Je volerai bientôt, pour dire tes louanges
Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui
Alors je chanterai sur la lyre des Anges
L'Eternel Aujourd'hui !