Vivre avec les saints du Carmel

32ème dimanche du Temps Ordinaire (B) Mc 12,38-44

L’Evangile de ce jour nous fait entrer d’une manière particulière dans le regard de Jésus. Le Seigneur commence par mettre en garde ses disciples : "Méfiez-vous des scribes qui aiment les premiers rangs et les places d’honneur", méfiez-vous de ceux qui agissent pour se faire remarquer, pour se faire valoir. Ils se réjouissent de la gloire qu’ils se donnent eux-mêmes et oublient que Dieu. lui, ne regarde pas l’apparence, "mais il voit le cœur" (cf. 1S 16,7). Méfiez-vous d’eux, et ne les imitez pas !

Et l’épisode qui se déroule dans le Temple, en face de la salle du Trésor, est une belle illustration de cette recommandation du Seigneur, de cette conversion du regard à laquelle Il nous appelle. Comme nous pourrions, spontanément, nous laisser impressionner par les grosses sommes que certains déposent dans le Trésor, les admirer ! Mais le Seigneur Jésus, lui, regarde le cœur et sait reconnaître le don d’amour de la pauvre veuve, qui n’a déposé que deux piécettes dans le Trésor, deux gouttes d’eau dans l’océan des grosses sommes des plus riches. Mais ces deux piécettes étaient tout ce qu’elle avait pour vivre ! En les donnant au Trésor, elle a comme remis sa vie entière entre les mains de son Dieu.

Quelle joie le Seigneur a-t-il dû ressentir devant ce don d’amour, ce don total. Joie de voir cette femme n’hésitant pas à abandonner son nécessaire par amour ! Joie de voir dans le don de la veuve pauvre comme une image par anticipation du don d’amour que le Seigneur Lui-même fera sur le bois de la Croix, don de toute sa vie pour l’amour de Dieu et des hommes ! Et c’est à cet amour-là que le Seigneur nous appelle : amour total, qui n’hésite pas à aller jusqu’au don le plus radical. Amour de chaque instant, qui fait feu de tout bois et sait transformer toutes les piécettes de notre quotidien en don d’amour au Seigneur et à nos frères. Il n’y a rien dans notre vie qui soit trop petit, il n’y a rien dans notre vie qui ne puisse faire l’objet d’un don d’amour, pour la joie de Dieu et le salut du monde !

Dans l’une de ses plus belles poésies (PN 17), Thérèse chante cette joie de l’amour qui s’offre totalement : "Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure". Qu’elle nous entraîne sur ce chemin d’offrande et d’abandon confiant ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, poésie PN 17 : "Vivre d'amour "
5. "Vivre d'Amour, c'est donner sans mesure
Sans réclamer de salaire ici-bas
Ah ! sans compter je donne étant bien sûre
Que lorsqu'on aime, on ne calcule pas !...
Au Coeur Divin, débordant de tendresse
J'ai tout donné.… légèrement je cours
Je n'ai plus rien que ma seule richesse
Vivre d'Amour.
6. "Vivre d'Amour, c'est donner sans mesure
Sans réclamer de salaire ici-bas
Ah ! sans compter je donne étant bien sûre
Que lorsqu'on aime, on ne calcule pas !...
Au Coeur Divin, débordant de tendresse
J'ai tout donné.… légèrement je cours
Je n'ai plus rien que ma seule richesse
Vivre d'Amour.
 
7. Vivre d'Amour, c'est garder en soi-même
Un grand trésor en un vase mortel
Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême
Ah je suis loin d'être un ange du ciel !...
Mais si je tombe à chaque heure qui passe
Me relevant tu viens à mon secours,
A chaque instant tu me donnes ta grâce
Je vis d'Amour.
8. Vivre d'Amour, c'est naviguer sans cesse
Semant la paix, la joie dans tous les coeurs
Pilote Aimé, la Charité me presse
Car je te vois dans les âmes mes sœurs
La Charité voilà ma seule étoile
A sa clarté je vogue sans détour
J'ai ma devise écrite sur ma voile :
"Vivre d'Amour."