Vivre avec les saints du Carmel

29ème dimanche du Temps Ordinaire (A) : Mt 22, 15-21

Réalisons-nous la tristesse de l’événement de la vie de Jésus que nous relate l’évangile de ce dimanche ? Lui, le Verbe de Dieu, la Parole éternelle du Père, il s’est incarné pour notre salut, et voici que ses adversaires l’écoutent et l’interrogent… uniquement pour chercher à le prendre en faute sur une de ses paroles ! Quelle folie : vouloir prendre en faute sur une de ses paroles, celui qui est la Parole ! Que cela nous soit d’abord l’occasion de nous interroger sur notre propre usage de la parole : savons-nous quand il le faut, comme dit l’apôtre, dire une parole bonne et constructive, bienveillante pour ceux qui nous écoutent, ou bien n’utilisons-nous la parole que comme un instrument de pouvoir sur ceux qui nous entourent ? Et puis comment nourrissons-nous notre parole de la Parole de Dieu ? En ce mois d’octobre où les évêques du monde entier sont réunis à Rome pour un synode consacré précisément à la Parole de Dieu, examinons dans notre vie la place qu’occupe la Parole, l’Écriture Sainte : l’aimons-nous, la fréquentons-nous, la lisons-nous, la méditons-nous ? Ou bien nous contentons-nous de l’écouter d’une oreille distraite pendant la liturgie dominicale ? Ce dimanche, nous pourrions nous déterminer à faire cette petite expérience : avant et après la célébration eucharistique, lire et méditer les textes de l’Écriture qui y sont lus, et prier l’Esprit Saint de découvrir comment cette Parole de Dieu peut devenir nourriture quotidienne de notre cœur ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 165 à sa sœur Céline)

Souvent nous descendons dans les vallées fertiles où notre coeur aime à se nourrir, le vaste champ des écritures qui tant de fois s’est ouvert devant nous pour répandre en notre faveur ses riches trésors, ce vaste champ nous semble être un désert aride et sans eau... Nous ne savons même plus où nous sommes, au lieu de la paix, de la lumière nous ne trouvons que le trouble ou du moins les ténèbres... Mais comme l’épouse nous savons la cause de notre épreuve. Notre âme est troublée à cause des chariots d’Aminadab... Nous ne sommes pas encore dans notre Patrie et l’épreuve doit nous purifier comme l’or dans le creuset, nous nous croyons parfois abandonnées, hélas ! les chariots, les vains bruits qui nous affligent sont-ils en nous ou en dehors de nous ? nous ne savons... mais Jésus le sait bien, Il voit notre tristesse et soudain sa douce voix se fait entendre, voix plus douce que le souffle du printemps : "Reviens, Reviens, ma Sulamite, reviens, reviens afin que nous te considérions !..." Quel appel que celui de notre Époux !... Eh quoi ! nous n’osions plus même nous regarder tant nous pensions être sans éclat et sans parure et Jésus nous appelle, Il veut nous considérer à loisir, mais Il n’est pas seul, avec Lui les deux autres personnes de la Sainte Trinité viennent prendre possession de notre âme... Jésus l’avait promis autrefois quand il était près de remonter vers son Père et notre Père ; Il disait avec une ineffable tendresse : "Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure." Garder la parole de Jésus, voilà l’unique condition de notre bonheur, la preuve de notre amour pour Lui. Mais qu’est-ce donc que cette parole ?... Il me semble que la parole de Jésus, c’est Lui-même... Lui Jésus, le Verbe, la Parole de Dieu !... Il nous le dit plus loin dans le même évangile de St Jean, priant son Père pour ses disciples. Il s’exprime ainsi : "Sanctifiez-les par votre parole, votre parole est la vérité" ; en un autre endroit Jésus nous apprend qu’Il est la voie, la vérité, la vie. Nous savons donc quelle est la Parole que nous devons garder ; comme Pilate nous ne demanderons pas à Jésus : "Qu’est-ce que la Vérité ?" Nous la possédons, la Vérité. Nous gardons Jésus dans nos cœurs !... Haut