Vivre avec les saints du Carmel

28ème dimanche du Temps Ordinaire (A) : Mt 22, 1-14

Ce dimanche, nous entendons une nouvelle parabole au moyen de laquelle le Seigneur Jésus cherche à nous faire saisir ce qu’est le Royaume de Dieu : "Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils". Que pouvons-nous entrevoir du mystère du Royaume grâce à cette comparaison ? Le Seigneur semble nous parler d’un rassemblement des hommes autour du Père : le Royaume des cieux, la béatitude du ciel, la vie éternelle sont comme une grande fête où nous serons tous dans la joie de Dieu. Quelle merveille !
Mais écoutons encore une fois : "Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils". Joie, fête… et aussi noces du fils du roi : qu’est-ce que cela signifie ? Sans doute le Seigneur veut-il ici nous parler de l’alliance spéciale que le Père réalise avec chacun de nous en son Fils. C’est l’alliance du baptême, par laquelle Dieu s’engage envers nous : il nous sauve en nous plongeant dans le mystère pascal de son Fils, pour qu’avec Lui nous ayons la vie. Il fait aussi une alliance avec nous chaque fois qu’un sacrement est célébré dans l’Église et est reçu avec foi et amour. Cela est particulièrement vrai quand il s’agit du sacrement de l’eucharistie, "sacrement de l’amour" par excellence. Dieu fait alliance avec nous chaque fois que des hommes et des femmes engagent leur vie, pour Dieu et pour leurs frères. C’est le cas dans l’engagement au sacerdoce, où le Seigneur configure un homme au mystère de l’unique sacerdoce du Christ. C’est le cas dans l’engagement dans la vie religieuse : à travers le don total qui lui est fait par tant d’hommes et de femmes consacrés, le Seigneur manifeste qu’Il est l’unique nécessaire et qu’Il désire, de mille manières toujours nouvelles, être la Lumière qui illumine toute vie humaine. C’est le cas aussi dans le mariage, où l’alliance d’un homme et d’une femme manifeste l’alliance de Dieu, toujours fidèle et toujours féconde, avec l’humanité…
Alors oui, notre Dieu est comme un roi qui invite aux noces de son fils, et qui n’a de cesse que la salle de fête soit remplie de convives, d’invités à la noce, et – mieux encore ! – de bénéficiaires de cette alliance éternelle que le Père réalise avec chacun de nous, par son Fils, dans l’Esprit, pour que nous ayons la vie et que nous demeurions dans son amour pour toujours. Que là soit notre joie, que là nous portent nos désirs, dans la diversité de nos états de vie : qui que nous soyons, où que nous soyons, le Seigneur désire faire des merveilles en nos vies, pour notre bonheur. Répondons avec joie et générosité aux aspirations qu’Il met en nos cœurs : Il est fidèle le Dieu qui nous appelle, tout cela, Il l’accomplira ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Manuscrits autobiographiques de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Ms C 35 v° - 36 r°)
Ma Mère, je crois qu’il est nécessaire que je vous donne encore quelques explications sur le passage du Cantiques des cantiques : "Attirez-moi, nous courrons"… "Personne, a dit Jésus, ne peut venir après moi, si mon Père qui m’a envoyé ne l’attire." Ensuite par de sublimes paraboles, et souvent sans même user de ce moyen si familier au peuple, Il nous enseigne qu’il suffit de frapper pour qu’on ouvre, de chercher pour trouver et de tendre humblement la main pour recevoir ce que l’on demande... Il dit encore que tout ce que l’on demande à son Père en son nom Il l’accorde. C’est pour cela sans doute que l’Esprit Saint, avant la naissance de Jésus, dicta cette prière prophétique : Attirez-moi, nous courrons.
Qu’est-ce donc de demander d’être Attiré, sinon de s’unir d’une manière intime à l’objet qui captive le cœur ? Si le feu et le fer avaient la raison et que ce dernier disait à l’autre : Attire-moi, ne prouverait-il pas qu’il désire s’identifier au feu de manière qu’il le pénètre et l’imbibe de sa brûlante substance et semble ne faire qu’un avec lui. Mère bien-aimée, voici ma prière, je demande à Jésus de m’attirer dans les flammes de son amour, de m’unir si étroitement Lui, qu’Il vive et agisse en moi. Je sens que plus le feu de l’amour embrasera mon cœur, plus je dirai : Attirez-moi, plus aussi les âmes qui s’approcheront de moi (pauvre petit débris de fer inutile, si je m’éloignais du brasier divin), plus ces âmes courront avec vitesse à l’odeur des parfums de leur Bien-Aimé, car une âme embrasée d’amour ne peut rester inactive. Haut