Vivre avec les saints du Carmel

27ème dimanche du Temps Ordinaire (A) : Mt 21, 33-44

Une fois n’est pas coutume : ce dimanche, nous nous laisserons plus particulièrement interpeller par la seconde lecture, tirée de la Lettre aux Philippiens. Belle occasion, en cette "année paulinienne" de méditer les paroles du grand apôtre saint Paul ! Dimanche dernier, dans un texte extrait de cette même lettre aux Philippiens, il nous invitait à avoir entre nous les mêmes sentiments que le Christ Jésus lui-même, et il mettait devant nos yeux la figure de Jésus, abaissé jusqu’à la mort de la croix, et élevé à la droite du Père. Aujourd’hui, il nous invite à l’action de grâce : "ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes". Qu’est-ce que cette action de grâce ? Est-ce une attitude spirituelle qui nous est familière ?
Examinons notre façon de prier, notre relation au Seigneur : sans doute, très souvent, nous nous tournons vers lui pour lui confier nos demandes, pour lui confier ce qui nous inquiète, ce qui est obscur dans nos vies – et nous avons bien raison de le faire ! Mais nous tournons-nous aussi vers lui pour lui rendre grâce de ce qui nous arrive de bon ? Ou bien croyons-nous que nous sommes les seuls auteurs des bonnes choses de nos vies… tandis que les problèmes viendraient d’ailleurs ! Ou bien encore agissons-nous comme si nous n’avions pas besoin du Seigneur quand tout va bien dans nos vies ? Déjà Moïse, dans le désert, avertissait le peuple élu qui était libéré de la servitude de l’Égypte et qui allait entrer dans la Terre promise par le Seigneur : "Quand tu auras mangé et te seras rassasié, garde-toi d’oublier le Seigneur ton Dieu" (cf. Dt 8, 7-20).
L’enjeu de cet appel à l’action de grâce que nous fait Paul aujourd’hui est très simple – et en même temps il est crucial : baptisés dans la mort et la Résurrection de Jésus, avons-nous le désir de tourner vers lui toute notre vie, dans ses joies et ses tristesses, dans ses réussites et dans ses échecs, ou non ? Devenus enfants de Dieu par la grâce du baptême, reconnaîtrons-nous que c’est dans l’amour du Père que se trouve la source de toute vie, la source de notre vie ? Enfin, n’oublions pas le sens étymologique d’un mot que nous prononçons ou entendons souvent : "eucharistie" provient d’un verbe grec qui signifie… "rendre grâce" ! Alors, avec Jésus, dans son eucharistie, entrons dans l’action de grâce envers le Père qui nous aime et désire notre bonheur ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Manuscrits autobiographiques de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Ms C 25 r° v°)
 
Qu’elle est donc grande la puissance de la Prière ! On dirait une reine ayant à chaque instant libre accès auprès du roi et pouvant obtenir tout ce qu’elle demande. Il n’est point nécessaire pour être exaucée de lire dans un livre une belle formule composée pour la circonstance ; s’il en était ainsi... hélas ! que je serais à plaindre !... En dehors de l’Office Divin que je suis bien indigne de réciter, je n’ai pas le courage de m’astreindre à chercher dans les livres de belles prières, cela me fait mal à la tête, il y en a tant !... et puis elles sont toutes plus belles les unes que les autres... Je ne saurais les réciter toutes et ne sachant laquelle choisir, je fais comme les enfants qui ne savent pas lire, je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours Il me comprend... Pour moi la prière, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus.
Quelquefois lorsque mon esprit est dans une si grande sécheresse qu’il m’est impossible d’en tirer une pensée pour m’unir au Bon Dieu, je récite très lentement un "Notre Père" et puis la salutation angélique ; alors ces prières me ravissent, elles nourrissent mon âme bien plus que si je les avais récitées précipitamment une centaine de fois... Haut