Vivre avec les saints du Carmel

26ème dimanche du T.O. (C) : Luc 16,19-31

Thérèse

L’Évangile de ce dimanche nous rapporte une parabole racontée par le Seigneur Jésus : sur cette terre, un homme riche vivait dans l’abondance, tandis qu’un pauvre homme, Lazare, mourait de faim à sa porte. Après leur mort, Lazare est dans la béatitude du ciel, tandis que le riche est en proie à d’amères souffrances. Qu’est-ce que le Seigneur veut nous donner à entendre par là ? Serait-ce qu’il faille vivre dans la misère pour être sûr d’obtenir la joie du ciel ? Sûrement pas ! L’Évangile, au contraire, nous invite à combattre toute injustice et à aider tout homme à avoir des conditions de vie décente. Serait-ce alors que les richesses sont en elles-mêmes un obstacle pour qui veut marcher dans les voies du Seigneur ? Plus exactement, le Seigneur nous avertit par ailleurs qu’il est "difficile" à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le Royaume (Lc 18,24). En réalité, le malheur du riche de la parabole ne vient pas du simple fait qu’il était riche. Il vient plutôt de ce que ses richesses l’ont empêché d’être attentif au pauvre qui gisait près de lui. Ses biens lui permettaient d’assurer son petit bonheur personnel, le reste importait peu… Quelle surprise au ciel, quand tout est vu dans la vérité, c'est-à-dire dans le regard de Dieu !

Dans nos vies, nous savons qu’il y a bien des façons d’être riche ou d’être pauvre… La richesse contre laquelle le Seigneur veut nous mettre en garde ce dimanche, n’est-elle pas la richesse du cœur qui s’enfle d’orgueil, et qui méprise les petits que le Seigneur a proclamés bienheureux ? Ces petits n’ont ni talents reluisants, ni signes extérieurs de grandeur, mais ils vivent en vérité sous le regard de Dieu et ils attendent tout de sa main. À l’approche de sa fête, il nous est bon d’entendre à ce propos le témoignage de notre amie, Thérèse de l’Enfant-Jésus. Elle ressentait en elle le désir de la sainteté, et elle voulait faire de grandes choses pour le Seigneur. Mais elle a compris que ce que le Seigneur attendait d’elle, c’était de venir devant Lui "les mains vides. Nos mains seront vides quand elles seront ouvertes, pour donner tout ce que nous avons à Dieu et à nos frères et sœurs en humanité, sans rien garder pour nous-mêmes, ni les richesses matérielles, ni les richesses spirituelles. Dans notre prière de ces jours-ci, reprenons les mots de l’acte d’offrande de Thérèse à l’Amour miséricordieux et rendons-nous attentifs à l’offrande que l’Esprit-Saint suscitera en nous, pour que nous puissions à notre tour vivre en vérité sous le regard de Dieu, "les mains vides" et le cœur ouvert. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Acte d’offrande à l’Amour Miséricordieux de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Pri 6)
 

O mon Dieu ! Trinité Bienheureuse, je désire vous Aimer et vous faire Aimer, travailler à la glorification de la Sainte Eglise en sauvant les âmes qui sont sur la terre et en délivrant celles qui souffrent dans le purgatoire. Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m’avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être Sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, ô mon Dieu ! d’être vous-même ma Sainteté. Puisque vous m’avez aimée jusqu’à me donner votre Fils unique pour être mon Sauveur et mon Epoux, les trésors infinis de ses mérites sont à moi, je vous les offre avec bonheur, vous suppliant de ne me regarder qu’à travers la Face de Jésus et dans son Cœur brûlant d’Amour…

Je voudrais vous consoler de l’ingratitude des méchants et je vous supplie de m’ôter la liberté de vous déplaire, si par faiblesse je tombe quelquefois qu’aussitôt votre Divin Regard purifie mon âme consumant toutes mes imperfections, comme le feu qui transforme toute chose en lui-même.... Je vous remercie, ô mon Dieu ! de toutes les grâces que vous m’avez accordées, en particulier de m’avoir fait passer par le creuset de la souffrance. C’est avec joie que je vous contemplerai au dernier jour portant le sceptre de la Croix ; puisque vous avez daigné me donner en partage cette Croix si précieuse, j’espère au Ciel vous ressembler et voir briller sur mon corps glorifié les sacrés stigmates de votre Passion…

Après l’exil de la terre, j’espère aller jouir de vous dans la Patrie, mais je ne veux pas amasser de mérites pour le Ciel, je veux travailler pour votre seul Amour, dans l’unique but de vous faire plaisir, de consoler votre Cœur Sacré et de sauver des âmes qui vous aimeront éternellement. Au soir de cette vie je paraîtrai devant vous les mains vides car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres. Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. Je veux donc me revêtir de votre propre Justice et recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-même. Je ne veux point d’autre Trône et d’autre Couronne que Vous, ô mon Bien-Aimé !... A vos yeux le temps n’est rien, un seul jour est comme mille ans, vous pouvez donc en un instant me préparer à paraître devant vous…

Afin de vivre dans un acte de parfait Amour je m’offre comme victime d’holocauste à votre Amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous et qu’ainsi je devienne Martyre de votre Amour, ô mon Dieu !... Que ce martyre après m’avoir préparée à paraître devant vous me fasse enfin mourir et que mon âme s’élance sans retard dans l’éternel embrassement de Votre Miséricordieux Amour... Je veux, ô mon Bien-Aimé, à chaque battement de mon cœur vous renouveler cette offrande un nombre infini de fois, jusqu’à ce que les ombres s’étant évanouies je puisse vous redire mon Amour dans un Face à Face Eternel !... Haut