Vivre avec les saints du Carmel

1er dimanche de Carême (B) : Marc 13,33-37

Aujourd’hui, au risque de paraître un peu étranges, ...nous pourrions échanger nos vœux de bonne année ! En effet, avec ce premier dimanche de l’Avent, c’est une nouvelle année liturgique qui commence. Elle va nous donner de revivre une nouvelle fois les mystères de la vie terrestre et glorieuse de Notre Seigneur, à commencer par les mystères de l’Incarnation : l’Avent est tout entier tourné vers Noël, la venue du Fils de Dieu dans notre humanité. Comment abordons-nous cette "nouvelle année" ? L’Évangile de ce dimanche nous appelle à la commencer dans la veille. En effet, en parlant à ses disciples, Jésus compare sa venue au retour d’un homme parti en voyage, qui reviendra chez lui sans que ses serviteurs connaissent à l’avance la date et l’heure de ce retour. "Il peut arriver à l’improviste et vous trouver endormis… Veillez !"

Nous comprenons bien que l’endormissement dont parle ici le Seigneur n’est pas celui du sommeil que nous prenons chaque nuit, mais bien plutôt du sommeil du cœur qui consisterait en l’oubli de Dieu. Qu’est-ce à dire ? Tous les chrétiens doivent-ils passer leurs journées en prière, afin qu’à son retour, le Seigneur les trouve dans une église ou une chapelle ? Pas vraiment… Bien sûr, il est important de réserver dans nos journées un ou des moments où nous cessons nos activités pour nous recueillir devant le Seigneur. Mais il nous faut aussi découvrir progressivement que le Seigneur ne cesse jamais de nous accompagner, de demeurer au fond de notre cœur, quelles que soient nos activités. La veille à laquelle Jésus nous invite ce dimanche est la veille du cœur, qui nous fera, quelques instants seulement, au milieu de nos journées, nous tourner vers le Seigneur pour lui adresser une prière, une supplique, une plainte peut-être, une action de grâces ou une parole de louange. Alors, progressivement, nous découvrirons qu’il est toujours présent à nos côtés, et nous appelle à demeurer en lui, jusqu’au jour de sa venue. Notre vie entière deviendra alors comme un grand Avent, toute tournée vers le Seigneur, qui ne cesse jamais de venir à nous. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres du frère Laurent de la Résurrection
 

Madame, je vous plains beaucoup ; si vous pouvez laisser le soin de vos affaires à Monsieur et Madame N. et ne vous plus occuper qu’à prier Dieu, vous feriez un coup d’État ! Il ne nous demande pas grand-chose : un petit souvenir de temps en temps, une petite adoration, tantôt lui demander sa grâce, quelquefois lui offrir vos peines, d’autres fois le remercier des grâces qu’il vous a faites et qu’il vous fait au milieu de vos travaux, vous consoler avec lui, le plus souvent même que vous pourrez. Pendant vos repas et vos entretiens, élevez quelquefois vers lui votre cœur : le moindre petit souvenir lui sera toujours fort agréable. Il ne faut pas pour cela crier bien haut, il est plus près de nous que nous ne pensons.

Il n’est pas nécessaire d’être toujours à l’église pour être avec Dieu ; nous pouvons faire de notre cœur un oratoire dans lequel nous nous retirons de temps en temps pour nous y entretenir avec lui, doucement, humblement et amoureusement. Tout le monde est capable de ces entretiens familiers avec Dieu, les uns plus, les autres moins – il sait ce que nous pouvons. Commençons, peut-être n’attend-il de nous qu’une généreuse résolution. Courage, il nous reste peu de temps à vivre : vous avez près de soixante-quatre ans et moi j’approche de quatre-vingts. Vivons et mourons avec Dieu, les peines nous seront toujours douces et agréables quand nous serons avec lui, et les plus grands plaisirs nous seront sans lui un cruel supplice. Il soit béni de tout. Amen. Accoutumez-vous donc peu à peu à l’adorer de la sorte, à lui demander sa grâce, à lui offrir votre cœur de temps en temps pendant la journée, parmi vos ouvrages, à tout moment si vous le pouvez ; ne vous contraignez pas par des règles ou des dévotions particulières, faites-le en foi, avec amour et avec humilité. Haut