Vivre avec les saints du Carmel

14ème dimanche du Temps Ordinaire (C) : Luc 10,1-12.17-20

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 135 à sa soeur Céline)
 

Céline, les vastes solitudes, les horizons enchanteurs qui s'ouvrent devant toi doivent t'en dire bien long à l'âme ? Moi je ne vois pas tout cela, mais je dis avec St Jean de la Croix : "J'ai en mon bien aimé les montagnes, les vallées solitaires et boisées…" Et ce bien aimé instruit mon âme, Il lui parle dans le silence, dans les ténèbres... Dernièrement il m'est venu une pensée que j'ai besoin de dire à ma Céline. C'est un jour que je pensais à ce que je pouvais faire pour sauver les âmes, une parole de l'évangile m'a montré une vive lumière. Autrefois Jésus disait à ses disciples en leur montrant les champs de blés murs : "Levez les yeux et voyez comme les campagnes sont déjà assez blanches pour être moissonnées" et un peu plus tard : "A la vérité la moisson est abondante mais le nombre des ouvriers est petit ; demandez donc au maître de la moisson qu'Il envoie des ouvriers". Quel mystère !... Jésus n'est-Il pas tout-puissant ? les créatures ne sont-elles pas à celui qui les a faites ? Pourquoi Jésus dit-Il donc : "Demandez au maître de la moisson qu'Il envoie des ouvriers" ? Pourquoi ?... Ah ! c'est que Jésus a pour nous un amour si incompréhensible qu'Il veut que nous ayons part avec lui au salut des âmes. Il ne veut rien faire sans nous. Le créateur de l'univers attend la prière d'une pauvre petite âme pour sauver les autres âmes rachetées comme elle au prix de tout son sang. Notre vocation à nous ce n'est pas d'aller moissonner dans les champs de blés mûrs. Jésus ne nous dit pas : "Baissez les yeux, regardez les campagnes et allez les moissonner". Notre mission est encore plus sublime. Voici les paroles de notre Jésus : "Levez les yeux et voyez". Voyez comme dans mon Ciel il y a des places vides. C'est à vous de les remplir, vous êtes mes Moïse priant sur la montagne, demandez-moi des ouvriers et j'en enverrai, je n'attends qu'une prière, un soupir de votre cœur !... Haut