Vivre avec les saints du Carmel

12 ème dimanche du Temps ordinaire (Mt 10,26-33)

Il y a comme un leitmotiv qui traverse l’évangile de ce dimanche : "Ne craignez pas… ne craignez pas… Soyez sans crainte…" Par ces paroles que le Seigneur Jésus adresse à ses Apôtres, il cherche en effet à les affermir, à les encourager. Sur quoi porte la crainte que les Apôtres pouvaient avoir, la crainte que nous-mêmes pourrions connaître aujourd’hui ? Elle porte sur la confiance à accorder à Jésus, sur la foi que nous mettons en la bonté du Père, sur les conséquences que peuvent avoir l’affirmation de notre foi. Il s’agit en effet de ne pas craindre ceux qui tuent le corps, mais d’être fidèles à celui qui nous sauve. Il s’agit de se prononcer pour Jésus devant les hommes, jusqu’au jour où lui-même nous accueillera dans son Royaume, en se prononçant pour nous devant le Père. Mais tout cela peut évoquer pour nous des situations de persécutions, où le martyre est imminent… et cela peut sembler bien étranger à notre contexte de vie !
Prenons cependant le temps de méditer cet évangile selon deux directions. La première, c’est de prendre conscience que dans bien des lieux du monde, aujourd’hui, au XXIe siècle, des chrétiens n’ont pas la liberté de se réunir pour célébrer le Seigneur, n’ont pas la liberté d’affirmer publiquement leur foi, sont persécutés, assassinés à cause de leur foi au Christ : ces situations n’appartiennent pas seulement au passé, elles n’appartiennent pas qu’aux premiers siècles de l’Église. N’a-t-on pas pu dire que le XXe siècle, plus que tout autre, avait été le siècle des martyrs de la foi ? Alors, que ceux-là de nos frères chrétiens soient au moins rejoints par la sollicitude de notre prière, et aussi par notre aide manifeste, quand cela nous est possible d’une façon ou d’une autre.
Et la seconde direction nous ramènera à nous-mêmes : nous qui vivons dans des sociétés où il est rare d’être persécutés à cause de notre foi, nous engageons-nous vraiment dans le monde au nom du Christ ? Ou bien gardons-nous pour nous-mêmes ce que nous avons entendu dans le creux de l’oreille ? Il ne n’agit pas pour nous de rechercher les persécutions que nous n’avons pas, mais bien plutôt de réveiller notre ferveur et notre audace pour proclamer au monde la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 247 à l'abbé Bellière)
 

Quelquefois Jésus se plaît "à révéler ses secrets aux plus petits, la preuve, c’est qu’après avoir lu votre première lettre, j’ai pensé la même chose que votre Directeur : Vous ne pourrez être un saint à demi, il vous faudra l’être tout à fait ou pas du tout. J’ai senti que vous deviez avoir une âme énergique et c’est pour cela que je fus heureuse de devenir votre sœur.
Ne croyez pas m’effrayer en me parlant de "vos belles années gaspillées". Moi je remercie Jésus qui vous a regardé d’un regard d’amour comme autrefois le jeune homme de l’Evangile. Plus heureux que lui vous avez répondu fidèlement à l’appel du Maître, vous avez tout quitté pour Le suivre, et cela au plus bel âge de la vie, à 18 ans. Ah ! mon frère, comme moi vous pouvez chanter les miséricordes du Seigneur, elles brillent en vous dans toute leur splendeur... Vous aimez St Augustin, Ste Madeleine, ces âmes auxquelles "Beaucoup de péchés ont été remis parce qu’elles ont beaucoup aimé". Moi aussi je les aime, j’aime leur repentir, et surtout... leur amoureuse audace ! Lorsque je vois Madeleine s’avancer devant les nombreux convives, arroser de ses larmes les pieds de son Maître adoré, qu’elle touche pour la première fois, je sens que son cœur a compris les abîmes d’amour et de miséricorde du Cœur de Jésus, et que toute pécheresse qu’elle est ce Cœur d’Amour est non seulement disposé à lui pardonner, mais encore à lui prodiguer les bienfaits de son intimité divine, à l’élever jusqu’aux plus hauts sommets de la contemplation.
Ah ! mon cher petit Frère, depuis qu’il m’a été donné de comprendre aussi l’amour du Cœur de Jésus, je vous avoue qu’il a chassé de mon cœur toute crainte. Le souvenir de mes fautes m’humilie, me porte à ne jamais m’appuyer sur ma force qui n’est que faiblesse, mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d’amour. Comment lorsqu’on jette ses fautes avec une confiance toute filiale dans le brasier dévorant de l’Amour, comment ne seraient-elles pas consumées sans retour ? Haut