Vivre avec les saints du Carmel

11 ème dimanche du Temps ordinaire (Mt 9,36-10,8)

Schnorr - Envoi des apôtres

Dans l’évangile de ce dimanche, le Seigneur Jésus nous parle de prière, d’appel et d’envoi : en quoi tout cela nous concerne-t-il personnellement ? La prière, d’abord : Jésus a pitié des foules qui sont devant lui, et il demande aux disciples de prier le Père d’envoyer vers ces foules les "ouvriers" qui s’occuperont d’elles. Cela a de quoi nous surprendre, et à double titre : Jésus ne peut-il pas lui-même prier le Père, ou mieux encore, envoyer lui-même des "ouvriers pour sa moisson" ? Et puis, ne peut-il pas lui-même s’occuper de ces foules abattues, comme il le fait d’autres fois dans l’évangile ? Ces deux questions ont peut-être une même réponse : Jésus a le désir de nous associer à sa mission, qui est de sauver le monde en le conduisant à l’amour du Père. Bien sûr, nous n’allons pas sauver le monde à sa place ! Mais là où nous sommes, à la place qui est la nôtre dans l’Église, nous pouvons faire tout ce qui est en notre pouvoir – que ce soit peu ou beaucoup – pour collaborer à cette œuvre de salut du monde.

Le premier moyen pour le faire, c’est donc la prière : par là, nous manifesterons à Dieu que nous sommes touchés par les douleurs du monde où nous vivons, par les détresses dont nous sommes témoins, et nous lui dirons notre confiance en son action bienfaisante. Nous reconnaîtrons par là que, comme nous le dit Jésus dans l’évangile de Jean, sans lui, nous ne pouvons rien faire (cf. Jn 15, 5). Mais la prière n’est pas un refuge, ni une façon de garder nos distances par rapport aux événements du monde : Jésus appelle et envoie ; à nous de reconnaître les appels qu’il nous adresse, et d’y répondre ! L’appel de Dieu, ce n’est pas seulement l’appel à un choix de vie, auquel nous répondons à un moment de notre existence et que nous nous efforçons d’honorer tous les jours de notre vie. Nos journées sont aussi traversées de nombreux "petits" appels, où le Seigneur nous invite discrètement à nous mettre au service de nos frères et sœurs en humanité, par une attention, par un mot de compassion, par une attitude d’accueil. Ce sont là autant d’occasions où nous sommes envoyés vers les autres, pour leur porter, d’une façon ou d’une autre, la Bonne Nouvelle de la présence du Seigneur dans leur vie ! Ce dont nous témoignerons alors, c’est ce dont nous vivons nous-mêmes, ou dont nous désirons vivre. Nous n’allons pas vers les autres parce que nous sommes plus forts qu’eux, mais parce que nous avons reconnu l’amour du Seigneur dans nos vies et que nous voulons le leur partager : "Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement" ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 135 à sa sœur Céline)
 

Dernièrement il m’est venu une pensée que j’ai besoin de dire à ma Céline. C’est un jour que je pensais à ce que je pouvais faire pour sauver les âmes, une parole de l’Évangile m’a montré une vive lumière. Autrefois Jésus disait à ses disciples en leur montrant les champs de blés mûrs : "Levez les yeux et voyez comme les campagnes sont déjà assez blanches pour être moissonnées", et un peu plus tard : "À la vérité la moisson est abondante mais le nombre des ouvriers est petit ; demandez donc au maître de la moisson qu’Il envoie des ouvriers." Quel mystère !... Jésus n’est-Il pas tout-puissant ? les créatures ne sont-elles pas à celui qui les a faites ? Pourquoi Jésus dit-Il donc : "Demandez au maître de la moisson qu’Il envoie des ouvriers" ? Pourquoi ?... Ah ! c’est que Jésus a pour nous un amour si incompréhensible qu’Il veut que nous ayons part avec lui au salut des âmes. Il ne veut rien faire sans nous. Le créateur de l’univers attend la prière d’une pauvre petite âme pour sauver les autres âmes rachetées comme elle au prix de tout son sang. Notre vocation à nous ce n’est pas d’aller moissonner dans les champs de blés mûrs. Jésus ne nous dit pas : "Baissez les yeux, regardez les campagnes et allez les moissonner." Notre mission est encore plus sublime. Voici les paroles de notre Jésus : "Levez les yeux et voyez." Voyez comme dans mon Ciel il y a des places vides, c’est à vous de les remplir, vous êtes mes Moïse priant sur la montagne, demandez-moi des ouvriers et j’en enverrai, je n’attends qu’une prière, un soupir de votre cœur !...Haut