Vivre avec les saints du Carmel

6ème dimanche du Temps Ordinaire: Lc 6,17.20-26

Ce dimanche, le Seigneur Jésus nous adresse quatre "béatitudes", qui sont assorties de quatre "malédictions" qui leur sont symétriques : "Heureux, vous qui pleurez … malheureux, vous qui riez …" Et cela nous dérange ! ... Nous aimerions tant n’entendre que le message des quatre béatitudes, qui pourraient résonner à nos oreilles comme un encouragement, une consolation, une espérance … et de fait, c’est une joie que le Seigneur nous dit dans ces quatre béatitudes. Oui, vraiment, nous sommes dès aujourd’hui déclarés bienheureux par le Seigneur lui-même lorsque nous sommes, comme lui l’a été le premier, des pauvres attendant tout de leur Seigneur, des affamés de justice et de vérité, des hommes et des femmes de compassion ! Bienheureux sommes-nous quand nous marchons comme des disciples à la suite de leur Seigneur jusqu’à la Croix !

Mais il n’y a pas que de la lumière dans nos vies, et le Seigneur désire que nous puissions regarder avec Lui ce qu’il y a encore d’obscur en nous, ce qui est encore à convertir. Oui, il y en nous de la générosité, mais aussi de l’égoïsme et du repli sur nous-mêmes ; il y a en nous du désir de justice, mais aussi des compromissions pour préserver nos propres intérêts… Alors, commençons par ne pas entendre les deux volets de l’évangile de ce dimanche comme la description successive de la situation des "gentils" (catégorie dans laquelle nous nous plaçons nous-mêmes très facilement !) et de la situation des "méchants" (là, en général, ce sont les autres !) Et puis demandons à l’Esprit Saint de nous guider, pour que nous ayons le courage de regarder en vérité ce qui fait notre vie, toute notre vie. Le Seigneur n’est pas venu pour donner des bons points aux justes, mais pour guérir et sauver ceux qui avaient besoin de son salut (cf. Mc 2,17). Il désire que nous lui offrions notre vie toute entière, y compris ce qui nous déplaît, car Il n’a de répulsion pour aucune de ses créatures (cf. Sg 11,24). Il attend que nous nous tournions vers lui avec confiance et amour pour nous faire miséricorde. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 226 au Père Roulland)
 

Je sais qu'il faut être bien pur pour paraître devant le Dieu de toute Sainteté, mais je sais aussi que le Seigneur est infiniment juste et c'est cette justice qui effraye tant d'âmes qui fait le sujet de ma joie et de ma confiance. Etre juste, ce n'est pas seulement exercer la sévérité pour punir les coupables, c'est encore reconnaître les intentions droites et récompenser la vertu. J'espère autant de la justice du Bon Dieu que de sa miséricorde. C'est parce qu'il est juste qu' "Il est compatissant et rempli de douceur, lent à punir et abondant en miséricorde. Car il connaît notre fragilité, Il se souvient que nous ne sommes que poussière. Comme un Père a de la tendresse pour ses enfants ainsi le Seigneur a compassion de nous"…

Voilà ce que je pense de la justice du bon Dieu, ma voie est toute de confiance et d'amour, je ne comprends pas les âmes qui ont peur d'un si tendre Ami. Parfois lorsque je lis certains traités spirituels où la perfection est montrée à travers mille entraves, environnée d'une foule d'illusions, mon pauvre petit esprit se fatigue bien vite, je ferme le savant livre qui me casse la tête et me dessèche le coeur et je prends l'Écriture Sainte. Alors tout me semble lumineux, une seule parole découvre à mon âme des horizons infinis, la perfection me semble facile, je vois qu'il suffit de reconnaître son néant et de s'abandonner comme un enfant dans les bras du Bon Dieu. Laissant aux grandes âmes, aux grands esprits les beaux livres que je ne puis comprendre, encore moins mettre en pratique, je me réjouis d'être petite puisque les enfants seuls et ceux qui leur ressemblent seront admis au banquet céleste. Je suis bien heureuse qu'il y ait plusieurs demeures dans le royaume de Dieu, car s'il n'y avait que celle dont la description et le chemin me semblent incompréhensibles, je ne pourrais y entrer.Haut