Vivre avec les saints du Carmel

5ème dimanche du Temps Ordinaire: Lc 5,1-11

L’évangile de ce dimanche nous relate l’appel des premiers disciples de Jésus. Ceux-ci sont des pêcheurs, et Jésus vient les rejoindre dans leur existence concrète. Il commence par demander à Simon-Pierre de lui rendre un petit service : ...permettre à Jésus de monter dans sa barque pour s’adresser, plus à l’aise, à la foule nombreuse venue L’écouter. Mais une fois son enseignement fini, Jésus demande quelque chose de plus à Simon : Il a visiblement un projet particulier à son égard. Il lui demande d’aller au large et de jeter ses filets. Cette demande paraît un peu folle à Simon, qui a déjà passé toute la nuit à pêcher sans rien prendre, et qui s’est apparemment découragé : il a renoncé à faire une bonne pêche ce jour-là. Mais la parole de Jésus a quelque chose à quoi il ne peut résister. Il s’exécute, et l’impossible se réalise : les filets débordent de poisson ! Dans notre prière, dans notre vie de tous les jours, quand nous lisons et méditons la Parole du Seigneur dans les Écritures, avons-nous l’habitude de l’écouter comme une parole qui est réellement adressée à nous, personnellement ? Elle peut nous transformer, pourvu que, comme Pierre, nous fassions confiance à Celui qui parle, Jésus, "le Chemin, la Vérité et la Vie" (cf. Jn 14,6) !

Alors, nous pourrons, comme Pierre, découvrir la miséricorde du Seigneur. En effet, cette pêche miraculeuse remplit Pierre d’effroi. Entre l’expérience de sa misère, de ses efforts de toute une nuit qui n’ont servi à rien, et la manifestation de la puissance de la Parole de Jésus, le contraste est saisissant. Il craint même de ne pouvoir rester en présence de Jésus : "Éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur !" Mais c’est tout le contraire que Jésus désire : sa miséricorde vient justement au secours de la misère humaine. C’est précisément parce que Pierre est pécheur que Jésus lui tend la main et le relève : "Sois sans crainte !", jusqu’à aujourd’hui tu t’appuyais sur tes propres forces pour avancer et pour réussir ta vie. Désormais, si tu me fais toujours confiance comme tu l’as fait aujourd’hui, c’est moi qui guiderai ta vie et en ferai une véritable réussite ! Et quelle sera la réussite de notre vie ? L’œuvre de la miséricorde, qui est capable de transfigurer toute pauvreté et toute misère en beauté de Dieu. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Manuscrits autobiographiques de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Ms C 34 v° - 37 r°)
 

Vous le savez, ô mon Dieu, je n’ai jamais désiré que vous aimer, je n’ambitionne pas d’autre gloire. Votre amour m’a prévenue dès mon enfance, il a grandi avec moi, et maintenant c’est un abîme dont je ne puis sonder la profondeur. L’amour attire l’amour, aussi, mon Jésus, le mien s’élance vers vous, il voudrait combler l’abîme qui l’attire, mais hélas ! ce n’est pas même une goutte de rosée perdue dans l’océan !... Pour vous aimer comme vous m’aimez, il me faut emprunter votre propre amour, alors seulement je trouve le repos.

Puisque Jésus est remonté au Ciel, je ne puis le suivre qu’aux traces qu’Il a laissées, mais que ces traces sont lumineuses, qu’elles sont embaumées ! Je n’ai qu’à jeter les yeux dans le Saint Évangile, aussitôt je respire les parfums de la vie de Jésus et je sais de quel côté courir... Ce n’est pas à la première place, mais à la dernière que je m’élance, au lieu de m’avancer avec le pharisien, je répète, remplie de confiance, l’humble prière du publicain, mais surtout j’imite la conduite de Madeleine, son étonnante ou plutôt son amoureuse audace qui charme le Coeur de Jésus, séduit le mien. Oui je le sens, quand même j’aurais sur la conscience tous les péchés qui se peuvent commettre, j’irais le coeur brisé de repentir me jeter dans les bras de Jésus, car je sais combien Il chérit l’enfant prodigue qui revient à Lui. Ce n’est pas parce que le bon Dieu, dans sa prévenante miséricorde a préservé mon âme du péché mortel que je m’élève à Lui par la confiance et l’amour.Haut