Vivre avec les saints du Carmel

4ème dimanche du Temps Ordinaire (B) : Marc 1,21-28

L’Évangile de ce dimanche nous montre Jésus en train d’enseigner à la synagogue de Capharnaüm, et les foules sont frappées par son enseignement. Qu’a-t-il donc de si particulier, pour que ses auditeurs le trouvent à ce point différent de celui des scribes ? Cela provient de ce que l’enseignement de Jésus est donné "avec autorité". Mais en quoi consiste cette autorité ? Certainement pas en un autoritarisme cherchant à convaincre à tout prix ceux qui l’écoutent, ni même peut-être dans un talent oratoire particulier. Si Jésus enseigne avec autorité, si son enseignement est entièrement crédible et probant, c’est parce que les paroles de Jésus sont en parfaite adéquation avec ses actes. C’est sans doute cela que perçoivent les foules, et qui tranche nettement avec d’autres enseignements. Quand Jésus enseigne, il ne parle pas d’une quelconque doctrine, qui ne serait qu’un discours extérieur à lui-même. Quand Jésus parle du Royaume, il parle avant tout de ce qui est le fond de son existence, de sa vie tout entière tournée vers le Père, de sa vie qui a sa source originaire dans la vie même de Dieu, dans la vie trinitaire.

Cela peut nous interpeller à deux niveaux. Tout d’abord, comment écoutons-nous l’enseignement de Jésus, que nous entendons notamment chaque dimanche dans l’Évangile ? Sommes-nous, comme les disciples de Capharnaüm, frappés par la force de l’enseignement de Jésus ? Ou bien croyons-nous ne rien avoir à en recevoir de nouveau ? Nous l’entendons peut-être depuis si longtemps… Pourtant, la Parole de Dieu est vivante et efficace, comme dit l’auteur de la lettre aux Hébreux (cf. He 4, 12) ! Mais elle n’agit pas malgré nous : Dieu respecte toujours notre liberté et désire que nous la mettions en œuvre pleinement pour marcher à sa suite. Alors, prenons les moyens d’ouvrir nos oreilles et nos cœurs d’une façon renouvelée, pour pouvoir être rejoints dans le profond de nos existences par cette Parole : aujourd’hui, Dieu a quelque chose à nous dire ! Faisons nôtres les paroles du jeune Samuel, qui prie ainsi : "Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !" (cf. 1 S 3, 10). Alors, dans un second temps, nous pourrons aussi être nous interroger sur notre façon de transmettre aux autres ce qui fait notre foi. Comment parlons-nous de Dieu, de l’Église, des sacrements, des engagements que nous prenons au nom de notre foi ? Apprenons de Jésus lui même la juste attitude à avoir : pour que notre parole puisse être vraiment crédible, il nous faut vivre toujours plus en profondeur ce que nous proclamons. Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 109 à Marie Guérin)
 

Ma chère petite Marie, remercie bien le bon Dieu de toutes les grâces qu'il te fait et ne sois pas assez ingrate pour ne pas les reconnaître. Tu me fais l'effet d'une petite villageoise qu'un roi puissant viendrait demander en mariage et qui n'oserait accepter sous prétexte qu'elle n'est pas assez riche et assez formée aux usages de la cour, sans faire la réflexion que son royal fiancé connaît sa pauvreté et sa faiblesse beaucoup mieux qu'elle ne la connaît elle-même... Marie, si tu n'es rien il ne faut pas oublier que Jésus est tout, aussi il faut perdre ton petit rien dans son infini tout et ne plus penser qu'à ce tout uniquement aimable... Il ne faut pas désirer non plus de voir le fruit recueilli de tes efforts ; Jésus se plaît à garder pour lui seul ces petits riens qui le consolent... Tu te trompes, ma chérie, si tu crois que ta petite Thérèse marche toujours avec ardeur dans le chemin de la vertu, elle est faible et bien faible, tous les jours elle en fait une nouvelle expérience, mais Marie, Jésus se plaît à lui enseigner comme à saint Paul la science de se glorifier dans ses infirmités, c'est une grande grâce que celle-là et je prie Jésus de te l'enseigner, car là seulement se trouve la paix et le repos du cœur, quand on se voit si misérable on ne veut plus se considérer et on ne regarde que l'unique Bien-Aimé !...

Ma chère petite Marie, pour moi je ne connais pas d'autre moyen pour arriver à la perfection que l'amour... Aimer, comme notre cœur est bien fait pour cela !... Parfois je cherche un autre mot pour exprimer l'amour, mais sur la terre d'exil les paroles sont impuissantes à rendre toutes les vibrations de l'âme, aussi il faut s'en tenir à ce mot unique : Aimer !...

Mais à qui notre pauvre cœur affamé d'Amour le prodiguera-t-il ?... Ah ! qui sera assez grand pour cela... un être humain pourra-t-il le comprendre... et surtout saura-t-il le rendre ?... Marie, il n'y a qu'un être qui puisse comprendre la profondeur de ce mot : Aimer !... Il n'y a que notre Jésus qui sache nous rendre infiniment plus que nous lui donnons... Haut