Vivre avec les saints du Carmel

4ème dimanche du Temps Ordinaire (A) : Mt 5,1-12a

La liturgie de la Parole de ce dimanche nous fait entendre le début du Sermon sur la montagne, dans l’Évangile selon saint Matthieu : ce sont les fameuses "Béatitudes", qui doivent leur nom au mot qui revient en tête de ces phrases proclamées par le Seigneur Jésus : "Heureux…" C’est sans doute là l’un des passages les plus connus de l’Évangile. Alors, rendons nos cœurs attentifs pour entendre comment la Parole de Dieu va nous rejoindre dans nos vies aujourd’hui. Elle est toujours neuve : accueillons-la comme si c’était la première fois que nous l’entendions. N’y a-t-il pas l’une de ces Béatitudes qui nous rejoint, qui nous interpelle plus particulièrement, qui nous donne une lumière ou nous adresse un appel ? Ce peut être pour nous l’occasion d’un renouvellement dans notre vie de foi, dans notre engagement dans le monde où nous vivons, car les Béatitudes nous font lever les yeux vers le Seigneur et font grandir notre communion spirituelle avec lui. En effet, qui sinon Jésus a vécu en plénitude cet idéal des Béatitudes ? Lui qui était riche, comme dit Saint Paul, il s’est fait "pauvre" pour nous enrichir de sa pauvreté… Il nous appelle à venir à lui pour apprendre qu’il est "doux" et humble de cœur, et qu’il donnera le repos à ceux qui ploient sous le fardeau… Il a "pleuré" sur son ami Lazare et sur Jérusalem, il a adressé sa supplication au Père dans les cris et dans les larmes, comme le dit l’épître aux Hébreux… Alors, prenons en main ce miroir des Béatitudes et nous verrons s’y refléter quelque chose du Visage de Jésus : qu’il s’imprime dans nos cœurs pour nous donner de vivre en vérité comme des enfants du Père. Dès aujourd’hui, notre existence en sera transfigurée, "pour la gloire de Dieu et le salut du monde" ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Manuscrits autobiographiques de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Ms A 83 r° - 84 r°)
C'est l'abandon seul qui me guide, je n'ai point d'autre boussole !... Je ne puis plus rien demander avec ardeur excepté l'accomplissement parfait de la volonté du Bon Dieu sur mon âme sans que les créatures puissent y mettre obstacle. Je puis dire ces paroles du cantique spirituel de N. Père St Jean de la Croix : "Dans le cellier intérieur de mon Bien-Aimé, j'ai bu et quand je suis sortie dans toute cette plaine je ne connaissais plus rien et je perdis le troupeau que je suivais auparavant... Mon âme s'est employée avec toutes ses ressources à son service, je ne garde plus de troupeau, je n'ai plus d'autre office, parce que maintenant tout mon exercice est d'aimer !..." ou bien encore : "Depuis que j'en ai l'expérience, L'AMOUR est si puissant en oeuvres qu'il sait tirer profit de tout, du bien et du mal qu'il trouve en moi, et transformer mon âme en SOI." O ma Mère chérie ! qu'elle est douce la voie de l'amour. Sans doute, on peut bien tomber, on peut commettre des infidélités, mais, l'amour sachant tirer profit de tout, a bien vite consumé tout ce qui peut déplaire à Jésus, ne laissant qu'une humble et profonde paix au fond du coeur...
Je comprends et je sais par expérience " Que le royaume de Dieu est au-dedans de nous." Jésus n'a point besoin de livres ni de docteurs pour instruire les âmes, Lui le Docteur des docteurs, il enseigne sans bruit de parole... Jamais je ne l'ai entendu parler, mais je sens qu'Il est en moi, à chaque instant, Il me guide, m'inspire ce que je dois dire ou faire. Je découvre juste au moment où j'en ai besoin des lumières que je n'avais pas encore vues, ce n'est pas le plus souvent pendant mes oraisons qu'elles sont le plus abondantes, c'est plutôt au milieu des occupations de ma journée...
O ma Mère chérie ! après tant de grâces ne puis-je pas chanter avec le psalmiste : "Que le Seigneur est bon, que sa miséricorde est éternelle." Il me semble que si toutes les créatures avaient les mêmes grâces que moi, le Bon Dieu ne serait craint de personne, mais aimé jusqu'à la folie, et que par amour et non pas en tremblant, jamais aucune âme ne consentirait à Lui faire de la peine... Je comprends cependant que toutes les âmes ne peuvent pas se ressembler, il faut qu'il y en ait de différentes familles afin d'honorer spécialement chacune des perfections du Bon Dieu. A moi Il a donné sa Miséricorde infinie c'est à travers elle que je contemple et adore les autres perfections Divines !... Alors toutes m'apparaissent rayonnantes d'amour, la Justice même (et peut-être encore plus que toute autre) me semble revêtue d'amour...
Quelle douce joie de penser que le Bon Dieu est Juste, c'est-à-dire qu'Il tient compte de nos faiblesses, qu'Il connaît parfaitement la fragilité de notre nature. De quoi donc aurais-je peur ? Ah ! le Dieu infiniment juste qui daigna pardonner avec tant de bonté toutes les fautes de l'enfant prodigue, ne doit-Il pas être Juste aussi envers moi qui "suis toujours avec Lui" ?... Haut