Vivre avec les saints du Carmel

3ème dimanche du Temps Ordinaire: Lc 1,1-4; 4,14-21

L’Évangile de ce dimanche nous montre Jésus revenant à Nazareth. Sa renommée Le précède : "tout le monde faisait son éloge" (Lc 4,15), et voici qu’Il arrive là où Il avait grandi, chez lui, auprès de ceux qui ont été ses voisins, ses compagnons d’enfance. Et alors, celui que tous croient connaître se manifeste d’une façon étonnante : comme Il le faisait quand Il vivait à Nazareth, Il fait la lecture à la synagogue. Mais ce jour-là, il y a du neuf : après avoir lu le passage du livre d’Isaïe concernant le Messie, Jésus déclare que "cette parole s’accomplit aujourd’hui", autrement dit, que ces paroles de l’Écriture Le concernent, parlent de Lui.

Le Seigneur nous invite par là à renouveler notre regard : que de fois, nous croyons tout savoir par avance des événements qui se déroulent devant nous ! Que de fois nous croyons tout connaître des personnes que nous fréquentons quotidiennement ! Que de fois nous croyons savoir ce que les autres ont à nous dire, avant même qu’ils n’aient ouvert la bouche ! ... Demandons au Seigneur de renouveler notre cœur pour être accueillants à sa venue dans nos vies, à la rencontre quotidienne de nos frères et sœurs : venue, rencontres, qui sont toujours nouvelles, qui ne ressemblent jamais à aucune autre, pourvu que nous acceptions de ne pas tout savoir par avance, et de nous laisser surprendre, dérouter parfois ! "L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction", dit Jésus dans la synagogue de Nazareth. Cet Esprit Saint, chacun de nous l’a reçu au jour de son baptême et Il ne cesse de nous couvrir de son ombre, afin de faire de nous des enfants de Dieu et des frères de Jésus. Invoquons-Le pour qu’Il nous guide tout au long de nos jours ! En ce dimanche de prière pour l’unité des chrétiens, appelons ardemment sa venue sur l’Église du Seigneur, afin que tous les enfants de Dieu soient réunis dans l’unité, selon le désir du Seigneur Jésus, afin que le monde croie (cf. Jn 17,23). Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

Édith Stein naquit en 1891 à Breslau (Silésie, aujourd’hui Pologne) au sein d’une famille juive. Dans sa jeunesse, elle perd la foi de son enfance et dira plus tard : « Ma seule prière était ma soif de vérité ». Elle effectue de brillantes études de philosophie qui l’amènent à collaborer avec Edmund Husserl, le père de la phénoménologie. Grâce au témoignage d’amis chrétiens et à la lecture de la Vie de Sainte Thérèse d’Avila, sa recherche de vérité s’illumine dans la découverte d’un Visage, celui du Christ Jésus. En 1922, elle reçoit le baptême. Après avoir pendant 11 ans encore mené une très riche activité d’enseignement et de recherches intellectuelles, elle entre en 1933 au Carmel de Cologne où elle reçoit le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix. Face à la montée du nazisme, elle décide, en 1938, de se réfugier au Carmel d’Echt (Pays-Bas). En 1942, elle est arrêtée par la Gestapo et déportée. Elle mourra au camp d’Auschwitz-Birkenau.
 
Des poésies de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein)
 
Qui es-tu, douce lumière, qui me remplis
et illumines la ténèbre de mon cœur ?
Comme la main d'une mère, tu me conduis
et, si tu me lâchais,
je ne saurais faire un pas de plus.
Tu es l'espace enveloppant mon être
et l'abritant en toi.
Le rejetterais-tu,
il coulerait à pic dans l'abîme du néant
d'où tu le tiras pour l'élever vers la lumière.
Toi, qui m'es plus proche que je ne le suis moi-même,
qui m'es plus intérieur que mon propre coeur,
et pourtant insaisissable, inconcevable,
au delà de tout nom,
Saint-Esprit, éternel Amour !

N'es-tu pas la manne si douce à monpalais,
qui du Coeur du Fils déborde dans le mien,
nourriture des anges et des bienheureux ?
Lui qui s'est levé de la mort vers la vie,
il a su m'éveiller du sommeil de la mort
à une vie nouvelle.
Vie nouvelle qu'il me donne chaque jour
et dont la plénitude doit un jour m'inonder,
Vie de ta propre vie, toi-même en vérité,
Saint-Esprit, vie éternelle !

Es-tu le rayon jaillissant comme l'éclair
depuis le trône très haut du Juge éternel,
pénétrant comme un voleur dans la nuit de l'âme
qui s'ignorait elle-même ?
Miséricordieux, impitoyable aussi,
tu pénètres jusqu'en ses profondeurs cachées.
L'âme est effrayée de ce qu'elle voit d'elle-même
et se garde ainsi dans une crainte sacrée
devant le commencement de toute Sagesse
qui vient d'en haut
et nous y ancre d'un ancrage solide,
devant ton action qui nous crée à nouveau,
Saint-Esprit, rayon que rien n'arrête !

Es-tu le doux cantique de l'amour
et du respect sacré qui retentit sans fin
autour du trône de la Trinité sainte,
symphonie où résonne
la note pure donnée par chaque créature ?
Le son harmonieux,
l'accord unanime des membres et de la Tête,
dans laquelle chacun, au comble de la joie,
découvre le sens mystérieux de son être
et le laisse jaillir en cri de jubilation,
rendu libre
en participant à ton propre jaillissement :
Saint-Esprit, jubilation éternelle ! Haut