Vivre avec les saints du Carmel

2ème dimanche du Temps Ordinaire (B) : Jn 1,35-42

Alors qu’une nouvelle année vient tout juste de commencer, il nous est bon d’entendre aujourd’hui les paroles que Jésus adresse aux deux disciples qui se mettent à sa suite. Il les redit à ses disciples de tous les temps, dont nous faisons partie. "Que cherchez-vous ?" Le Seigneur nous invite par là à nous mettre à l’écoute de notre propre désir. Bien sûr, nous sommes tous pris dans le mouvement de nos activités quotidiennes. Mais profitons de l’appel du Seigneur pour nous demander ce que nous cherchons vraiment à travers ce que nous vivons, à travers les événements qui font la trame de notre vie. Ne faisons-nous que suivre un mouvement enclenché et qu’il faut épouser bon gré mal gré ? La façon dont nous vivons nos activités (familiales, ecclésiales, professionnelles, associatives, etc.) est aussi importante que le contenu même de ces activités. Est-ce que à travers ce que nous faisons, nous cherchons à faire grandir la vie en nous, en ceux que nous approchons, dans le monde ? Réalisons-nous toujours la grandeur de nos vies, la grandeur à laquelle nous sommes appelés ? Ce n’est pas une grandeur à la mesure de notre orgueil, mais à la mesure de la dignité de notre humanité.

Précisément, les deux premiers disciples ont reconnu en Jésus la source de cette vie que nous recherchons, que nous désirons tous, parfois confusément. Alors, leur réponse à la question de Jésus a été une autre question, posée à Jésus lui-même : "Maître, où demeures-tu ?" Ils manifestaient par là leur désir de communion avec cette vie qui jaillit de la Personne de Jésus, cette vie qu’il est lui-même. Et Jésus leur a répondu, non pas par une explication, mais par une invitation : "Venez, et vous verrez". C’est une invitation qui est aussi une promesse : "Venez auprès de moi, je vous accueille au cœur de ce qui fait ma vie, de ce qui est ma vie. Si vous vous tournez vers moi, si vous vous approchez de moi, alors, assurément, vous verrez où je demeure. Vous découvrirez la source de la vie, et votre propre vie en sera illuminée". Heureux sommes-nous si nous réveillons en nous le désir de "venir" et de "voir" ce que le Seigneur prépare pour nous ! Alors, la nouvelle année sera en vérité une "bonne année" ! Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Manuscrits autobiographiques de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Ms C 2 v°-3 r°)
 

Vous le savez, ma Mère, j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints qu’il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections, mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de La Sagesse Éternelle : "Si quelqu’un est tout petit qu’il vienne à moi." Alors je suis venue devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : "Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux !" Ah ! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme, l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n’ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. O mon Dieu, vous avez dépassé mon attente et moi je veux chanter vos miséricordes. "Vous m’avez instruite dès ma jeunesse et jusqu’à présent j’ai annoncé vos merveilles, je continuerai à les publier dans l’âge le plus avancé."Haut