Vivre avec les saints du Carmel

2ème dimanche du Temps Ordinaire (A) : Jn 1,29-34

La liturgie de la Parole de ce dimanche nous ramène au début de l’Évangile selon saint Jean. Jean Baptiste voit Jésus venir vers lui et il donne son témoignage à son sujet : "Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde… c’est Lui le Fils de Dieu". L’évangéliste ne prend pas la peine de nous préciser à qui le Baptiste s’adresse : il s’adresse aux disciples qui étaient autour de lui à ce moment là, mais aussi aux disciples que nous sommes aujourd’hui, et à toute personne qui cherche la vérité : "Le voici, regardez-le". Mais Jean Baptiste nous fait aussi une déclaration surprenante. À propos de Jésus, il nous dit, à deux reprises : "Je ne le connaissais pas". Comment ? Jésus est son cousin, sans doute ils se sont fréquentés durant leur enfance, et il ne le connaît pas ? Quel sens cette réflexion de Jean a-t-elle ? Nous pouvons d’abord penser que Jean ne connaissait Jésus qu’à un niveau humain, qu’il le prenait pour un homme comme les autres, et qu’il découvre maintenant en lui le Messie de Dieu, dont les prophètes avaient parlé. Mais scrutons les Écritures avec plus d’attention : lors de la Visitation, quand Élisabeth, la mère de Jean Baptiste, a entendu la salutation de la Vierge Marie, l’enfant qu’elle portait en elle – le petit Jean Baptiste – a tressailli d’allégresse en elle. Dès le sein de sa mère, il a donc reconnu Celui qui s’approchait de lui, et Élisabeth s’est écriée : "La mère de mon Seigneur vient à moi" ! Pourquoi Jean nous dit-il alors qu’il ne connaissait pas Jésus ?

Eh bien, c’est peut-être pour nous inviter à toujours nous laisser surprendre par la venue de Jésus dans nos vies. Nous, nous ne sommes pas, comme Jean Baptiste, les cousins de Jésus selon les liens du sang. Mais, par la grâce du baptême, nous sommes devenus frères de Jésus et enfants bien-aimés du Père. C’est là la merveille de la grâce. Mais peut-être nous arrive-t-il de nous endormir, et de laisser refroidir en nos cœurs la mémoire du Seigneur (cf. Is 62, 6). À force de croire que nous connaissons quelqu’un, ne finissons-nous pas par l’oublier, par l’ignorer ? Il nous est bon alors en ce dimanche d’entendre la parole de Jean Baptiste, et de la prendre à notre compte. Dans notre prière, redisons avec lui : "Je ne le connaissais pas… je ne connaissais pas Jésus, et il est venu à moi. Des témoins me l’ont désigné, l’Esprit Saint qui repose sur lui me l’a fait reconnaître, et j’ai pu commencer à le suivre. Mais je ne le connais pas encore : il est toujours plus grand que je ne le crois, il est toujours plus beau que je n’ai déjà pu le percevoir, il m’aime toujours plus que je n’ai déjà pu le comprendre. Vraiment, je ne le connaissais pas, et je ne le connais pas encore…" Réjouissons-nous de ce que le mystère de la Personne de Jésus, le mystère de Dieu, soit toujours plus grand que ce que nous croyons et que ce que nous savons. Jean Baptiste a vu l’Esprit Saint demeurer sur la Personne de Jésus, le recouvrir de sa lumière : prions l’Esprit Saint et demandons-lui de nous faire entrer toujours plus dans la connaissance et l’Amour de Jésus, "pour la gloire de Dieu et le salut du monde". Fr. Anthony-Joseph, ocd Haut

 
Des Lettres de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (LT 145 à sa sœur Céline)
 

Ma Céline chérie, réjouissons-nous de notre part, elle est si belle, donnons, donnons à Jésus, soyons avares pour les autres mais prodigues pour Lui... Jésus est un trésor caché, un bien inestimable que peu d'âmes savent trouver car il est caché et le monde aime ce qui brille. Ah ! si Jésus avait voulu se montrer à toutes les âmes avec ses dons ineffables, sans doute il n'en est pas une seule qui l'aurait dédaigné, mais Il ne veut pas que nous l'aimions pour ses dons, c'est Lui-même qui doit être notre récompense. Pour trouver une chose cachée, il faut se cacher soi-même, notre vie doit donc être un mystère, il nous faut ressembler à Jésus, à Jésus dont le visage était caché... "Voulez-vous apprendre quelque chose qui vous serve, dit l'Imitation : Aimez être ignoré et compté pour rien..." et ailleurs : "Après avoir tout quitter il faut surtout se quitter soi-même" ; "Que celui-ci se glorifie d'une chose, celui-là d'une autre, pour vous, ne mettez votre joie que dans le mépris de vous-même". Que ces paroles donnent de paix à l'âme, ma Céline, tu les connais mais ne sais-tu pas tout ce que je voudrais te dire ?... Jésus t'aime d'un amour si grand que si tu le voyais tu serais dans une extase de bonheur qui te donnerait la mort mais tu ne le vois pas et tu souffres... Bientôt Jésus "se lèvera pour sauver tous les doux et les humbles de la terre" !... Haut