Vie psychique et vie spirituelle
Livre : Qui donc va te guérir?
 

La quête de guérison a toujours été une grande quête de l'homme. Et le Christ y a magnifiquement et généreusement répondu tout au long de sa vie publique. Vivant et ressuscité, il y répond encore aujourd'hui, plus spécialement peut-être, dans ce vaste domaine que l'on appelle "la guérison intérieure". C'est donc une question majeure, incontournable, dans la réflexion de l’Eglise sur sa propre mission car la grâce de guérison intérieure est l’une des grandes grâces accordées aujourd'hui par le Saint Esprit à notre monde à travers son Église. Il existe maintenant une littérature abondante traitant de ce sujet et de nombreux lieux où peuvent se vivre ces guérisons. Un livre récent "Qui donc va te guérir ?", de Françoise Stutzmann *(466 p., éd. des Béatitudes 2006), permet de s'y retrouver, non seulement dans tout ce que cette expression de "guérison intérieure" recouvre :

- ce qu’elle est exactement ,
- ce qu’est la prière en vue de la guérison,
- ce que la Bible nous apprend à ce sujet,
- le discernement des blessures et des besoins : guérison intérieure? pardon ? délivrance ?...
- l'accompagnement : comment et par qui ?, etc.
mais aussi dans toutes les propositions qui sont faites.

La seconde partie (145 p.) de ce livre - "Où aller ?" - recense et analyse dans le détail une trentaine de lieux spécialisés (et une quinzaine d'autres un peu plus succinctement) dans les accueils, retraites et sessions de guérison . C'est vraiment là un ouvrage de référence, qui ne nécessite pas une lecture continue mais qui met à la portée du plus grand nombre tout ce qu'il faut savoir sur le sujet afin d'éviter, aussi, les confusions, les désillusions auxquelles des attentes mal discernées peuvent conduire. Le travail de réflexion s’appuie sur une confrontation systématique avec ce que dit la Bible. Et puis, ce livre apprend à devenir vigilant sur la manière dont le Seigneur nous rejoint personnellement dans notre cheminement, pour nous alerter sur des blessures à guérir et qui nous empoisonnent bien souvent la vie alors même qu'il ne se lasse jamais de nous ouvrir le chemin du vrai bonheur et de la paix intérieure. Françoise Stutzmann elle-même nous présente les éléments de base pour comprendre ce qu'est la guérison intérieure.

Qu'est-ce que la guérison intérieure ?

Un constat ordinaire...

Au constat plaintif de la souffrance, du mal-être, dont on ne voit pas le bout, à la douloureuse question "Qui pourra [me] sauver et [me] consoler ? Car il est grand comme la mer, [mon] brisement ; qui donc va [me] guérir ?" (Lm 2, 13) qui répondra : un coach, un gourou, un thérapeute? En effet, ce sont leurs solutions que notre société propose en multipliant les offres : psychanalyse, psychothérapie, thérapies brèves et autres de plus en plus variées (art-thérapie, haptothérapie, musicothérapie), médecines douces, séminaires de développement personnel, pratiques extrême-orientales (yoga, taï-chin etc.), jusqu'aux moyens les plus graves et très dangereux d’ordre occulte (radiesthésie, magnétisme, recours à la voyance, etc.).

Pourtant, en dépit de tous ces moyens existants, dont plusieurs sont indéniablement efficaces, combien de personnes continuent à ne pas trouver au fin fond d’elles-mêmes la paix du cœur, de l’âme ! Si leurs mécanismes de fonctionnement sont mis à jour, si elles ont mieux compris ce qui est en jeu, les "blessures", occasionnées par autrui, ou par les événements de la vie, ne semblent pas encore cicatrisées, pis elles sont remémorées et réactivées par toute chaque situation évoquant plus ou moins confusément la blessure originaire. Ces personnes ont compris, certes, ont discerné, souvent, l’origine des malheurs et des souffrances, mais du traumatisme, de la blessure demeure le malaise, la solitude persiste, le blocage dure. "Voilà pourquoi je pleure ; pourquoi mes yeux fondent en larmes, car personne n’est là qui me console et réconforte mon âme …" (Lm 1, 16). L’inquiétude se fait sourde et lancinante : "Je lève les yeux vers les montagnes : d'où le secours me viendra-t-il ?"

La seule ressource

Jésus guérit un lépreux

Il reste au chrétien une ressource : se tourner vers le Seigneur, car la Parole de Dieu lui a enseigné, – il sait ou il est censé savoir, mais il l’a peut-être oublié – que "Le secours [lui] viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre". (Ps 120,1-2) L’espérance naît soudain, timidement, en son cœur lorsqu’il entend la Parole du Seigneur s’adresser à lui, personnellement, qui vit dans la détresse et l’affliction, prisonnier de ses souvenirs obsédants, de son amertume, impuissant à nouer des relations saines avec les autres, rongé par l’agressivité envers Dieu, envers le monde entier. « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur. … Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture.» (Lc 4, 16-21) La Parole, en retentissant, suscite cependant de nouvelles questions.

Que fait donc le Seigneur ?

Le Seigneur lui-même peut-il vraiment intervenir dans mes blessures, et va-t-il le faire ? Comment et par quel biais le Seigneur va-t-il me guérir ? Par un prêtre ? Mais : dans quels sacrements, mais : si je ne peux accéder aux sacrements ? Alors : dans ma prière personnelle ? Mais comment et à quelles conditions ? Ou dans un pèlerinage ? Ou encore dans les groupes de prière ou les communautés dont on entend parler ? "Qui donc va [me] guérir ?" Puis-je y croire ? N’est-il pas présomptueux d’oser y croire ? Ne serait-ce pas une vision magique de la possible guérison de ma souffrance ?

A la suite de son Seigneur, l’Église, est chargée d’annoncer la Bonne Nouvelle. La guérison des blessures relève de cette annonce, et, à ce titre, elle appartient de plein droit à la mission actuelle de l’Église, qui s’est toujours montrée attentive à soulager la souffrance humaine. Elle a élaboré, depuis longtemps, des réponses à ces questions de l’homme blessé, non des réponses magiques, mais des réponses enracinées dans la Parole de Dieu qu’elle scrute à la lumière de la Tradition spirituelle. En « scribe devenu disciple du Royaume des cieux … comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien » (Mt 13,52), l’Église met aujourd'hui en œuvre une pléthore de moyens spirituels sûrs pour rejoindre le cœur de l’homme blessé dans sa chair, dans son affectivité, dans son psychisme, dans sa mémoire, dans ses relations. C’est ce qu’on appelle la "guérison intérieure".

Et que propose l'Eglise ?

Un certain nombre de ses propositions sont donc des moyens traditionnels éprouvés, au fil des siècles, colorés par l’expérience contemporaine de la foi. D’autres apparaissent comme neufs, bien qu’ils s’inspirent de l’expérience lointaine de l’Église primitive dotée de la puissance du Seigneur au grand jour de la Pentecôte : l’exercice des charismes, singulièrement les charismes de guérison que, depuis une quarantaine d’années, l’Esprit Saint distribue largement, avec des fruits palpables attestés par l’expérience, au sein de communautés, de groupes de prière, rassemblés pour prier et agir au nom du Seigneur Jésus-Christ.

Objections

La guérison intérieure ne se conçoit qu’à l’intérieur d’une démarche de foi : ça marche à la mesure de la foi en Jésus-Christ, le seul Sauveur capable de guérir les blessures à leur racine. On entend souvent des réticences ou des objections de ce type :

Ça, ça marche ? Qu’est-ce que ça veut dire ? "Dieu, le guérisseur des cathos !" C’est pour qui ? "Ah oui, c’est pour les charismatiques !" ; "Ce n’est pas pour moi : je suis blessé, oui, mais tout le monde l’est, on vit avec. On ne va pas déranger Dieu pour ça". Est-ce que ça marche ? Combien de temps ça dure ? Est-ce que c’est fiable ? La prière de guérison intérieure : pourquoi ? On a tout avec les sacrements, pourquoi en rajouter ? La prière de délivrance : pourquoi, puisqu’on a le sacrement de la réconciliation ?

La guérison intérieure n’est pas un acte magique, elle est un don venu d’en-haut, un don gratuit de Dieu, le plus fréquemment en réponse à la prière de quelques chrétiens réunis au nom du Seigneur Jésus. De nombreux récits bibliques montrent de quelle manière l’évolution des "blessures intérieures" et leur retentissement sur la vie affective, la vie psychique et la vie avec Dieu, dépendent de l’orientation du cœur profond vers Dieu, seule source de salut. Françoise Stutzmann Haut

 
(*) Françoise Stutzmann, est mère de deux enfants. Normalienne (agrégée de lettres), elle est licenciée en théologie. Elle connaît bien le Renouveau charismatique depuis 1978, ayant fondé un groupe de prière pour la guérison intérieure. Elle s'est orientée maintennant vers le conseil en relation d'aide.
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